Leserreurs font partie de lâapprentissage. On a Ă apprendre de chacune de nos erreurs. Il est bon de le rappeler (souvent). Un Ă©chec est une chance de mieux recommencer. 8) Je te demande pardon ou je suis dĂ©solĂ©. Dans la mĂȘme logique que le droit Ă lâerreur, nous devons apprendre Ă nous excuser quand nous avons commis une erreur ou mĂȘme blessĂ© un enfant
Publishingplatform for digital magazines, interactive publications and online catalogs. Convert documents to beautiful publications and share them worldwide. Title: Apprendre à parler en une année, Author: ien.mulhouse2, Length: 24 pages, Published: 2010-04-30
Garderle silence, c'est se taire, donc renoncer à parler. Ainsi, préférer le silence à la parole suggÚre un choix exclusif : c'est l'un ou l'autre, mais pas les deux. Mais dans le langage ordinaire, "silence" et "parole" sont utilisés de façon ambigue. Le silence : Sens physique strict : Absence de son. Sens linguistique strict : Se
Vertalingenvan het uitdrukking L'ENFANT APPREND van frans naar nederlands en voorbeelden van het gebruik van "L'ENFANT APPREND" in een zin met hun vertalingen: L'enfant apprend Ă©galement qu'il y a de. frans. nederlands. Vertalen. Nederlands. Français English Dansk Deutsch Español Italiano Svenska ŰčŰ±ŰšÙ ĐŃлгаŃŃĐșĐž àŠŹàŠŸàŠàŠČàŠŸ ÄeskĂœ ÎλληΜÎčÎșÎŹ Suomi ŚąÖŽŚŚšÖŽŚŚȘ
Celleci te permettra de prendre conscience des couches de déchets égotiques qui recouvrent ton véritable trésor et de les Îter un à un, petit à petit, à ton rythme, progressivement, étape par étape, afin de laisser apparaßtre tes qualités, tes forces et tes talents. Découvrant ta nature véritable, tu sauras mieux discriminer le vrai du faux, laisser aller ce qui ne te convient
ApprendreĂ Ă©crire les lettres, tout un programme ! En majuscules ou en minuscules, votre enfant a de quoi faire pour sâexercer. Nous avons sĂ©lectionnĂ© pour vous les meilleurs supports pour lui apprendre Ă former de belles lettres. Lâalphabet nâaura plus de secrets pour lui ! Avec lâĂ©criture des lettres, voici une premiĂšre Ă©tape vers la maĂźtrise de la lecture.
Ny a-t-il pas de fascisme en Ukraine? Des faits tirĂ©s des archives des procĂšs de Nuremberg sont bannis, tandis que les punisseurs nazis sont traitĂ©s en hĂ©ros. Est-ce qu'on a bien tirĂ© les consĂ©quences du fait que l'on a installĂ© au cĆur de l'Europe, on n'ose pas dire un "pouvoir" tant il est totalement dĂ©pendant
sB9MMe. 1 Ce texte est une traduction du chapitre Writing A Method of Inquiry » de Laurel Richardson et El ... Comment donc les autrices et auteurs en sciences sociales perçoivent lâĂ©criture aujourdâhui ? Quâest-ce que lâĂ©criture peut faire de plus que tenter de reprĂ©senter ou de reflĂ©ter quelque chose dans le monde, quâune chercheuse ou un chercheur a dĂ©couvert » Ă lâissue dâune recherche empirique traditionnelle ? Le prĂ©sent essai montre que lâĂ©criture peut aussi constituer le lieu de la recherche, que la recherche survient dans la pensĂ©e quâĂ©veille lâĂ©criture au fil des phrases qui sâenchaĂźnent, les unes Ă la suite des autres â lentement, laborieusement, ou de maniĂšre prĂ©cipitĂ©e alors que les mots se bousculent sur la page. LâĂ©criture comme mĂ©thode, lâĂ©criture comme mode de pensĂ©e, est expĂ©rimentale et crĂ©ative. La personne qui Ă©crit se perd et est emportĂ©e par lâĂ©criture, dans lâĂ©criture ; elle devient avec le texte qui sâĂ©coule dans lâĂ -venir vers ce que nous sommes encore incapables de penser et dâĂȘtre. Nous encourageons les lectrices et lecteurs Ă Ă©crire pour interroger et imaginer le xxie siĂšcle en devenir. Nous sommes particuliĂšrement heureuses que notre travail1 ait Ă©tĂ© traduit en français et remercions Karelle Arsenault et Karine Bellerive de lui avoir permis de toucher de nouveaux publics. Laurel Richardson et Elizabeth Adams St. Pierre, mars 2022 2 NDT. Laurel RICHARDSON 1994, Writing A Method of Inquiry », dans Norman K. DENZIN et Yvonna S. ... 1Au cours de la derniĂšre dĂ©cennie, le milieu de lâethnographie sâest dĂ©ployĂ© Ă un point que nous nâaurions pu imaginer au moment dâĂ©crire ce chapitre pour la premiĂšre Ă©dition de ce recueil2. Dans une variĂ©tĂ© de disciplines mĂ©decine, droit, Ă©ducation, sciences humaines et sociales, des chercheuses et chercheurs qualitatifs ont depuis dĂ©couvert que lâĂ©criture comme mĂ©thode de recherche sâavĂšre une dĂ©marche fĂ©conde pour en apprendre sur elles-mĂȘmes et eux-mĂȘmes ainsi que sur leurs sujets de recherche. La littĂ©rature est vaste et variĂ©e. 2Ă la lumiĂšre de ces dĂ©veloppements, la nouvelle version de ce chapitre est divisĂ©e en trois parties. Dans la premiĂšre partie, Laurel Richardson prĂ©sente a les contextes historique et contemporain de lâĂ©criture scientifique, b le genre de lâethnographie analytique et crĂ©ative ainsi que c la direction quâa prise sa pratique au cours de la derniĂšre dĂ©cennie, notamment avec les rĂ©cits dâĂ©criture » et les collaborations qui traversent la division sciences humaines/sciences sociales. Dans la deuxiĂšme partie, Elizabeth St. Pierre analyse la maniĂšre dont lâĂ©criture en tant que mĂ©thode de recherche sâinscrit dans le dĂ©veloppement dâune Ă©thique de soi engagĂ©e dans lâaction sociale et la rĂ©forme sociale. Dans la troisiĂšme partie, Richardson offre aux chercheuses et chercheurs qualitatifs quelques pratiques et exercices dâĂ©criture. 3Tout comme ce chapitre reflĂšte nos propres processus et prĂ©fĂ©rences, nous espĂ©rons que vos Ă©critures sâengageront dans ce mĂȘme parcours. Plus nombreuses seront les voix diffĂ©rentes qui obtiennent une reconnaissance au sein de la communautĂ© qualitative, plus forte â et plus intĂ©ressante â sera la communautĂ©. Partie 1 Ă©criture qualitative Laurel Richardson 4Il y a 10 ans, dans la premiĂšre Ă©dition de ce recueil The SAGE Handbook of Qualitative Research, jâai avouĂ© avoir Ă©tĂ©, pendant des annĂ©es, assommĂ©e dâennui par bon nombre dâĂ©tudes qualitatives prĂ©tendument exemplaires. Jâai abandonnĂ© un nombre incalculable de textes Ă moitiĂ© lus, Ă moitiĂ© balayĂ©s du regard. Je commandais un nouvel ouvrage avec fĂ©brilitĂ© â le sujet mâintĂ©ressait, je voulais lire lâautrice, lâauteur â, pour finalement en trouver son texte soporifique. Lorsque jâai brisĂ© lâomerta, rĂ©vĂ©lant Ă des collĂšgues et Ă des Ă©tudiantes et Ă©tudiants ĂȘtre agacĂ©e par la plupart des Ă©crits qualitatifs, jâai dĂ©couvert une communautĂ© de personnes qui partageaient ce mĂ©contentement. Ces derniĂšres affirmaient lâune aprĂšs lâautre trouver la majoritĂ© des Ă©crits qualitatifs insipides â oui, insipides. 5Nous avions lĂ un sĂ©rieux problĂšme les sujets Ă©tudiĂ©s Ă©taient fascinants et essentiels Ă la recherche, mais les ouvrages qualitatifs nâĂ©taient pas suffisamment lus. Contrairement aux travaux quantitatifs, qui peuvent sâincarner dans des rĂ©sumĂ©s et des tableaux, les travaux qualitatifs, eux, ne font sens que dans leur texte tout entier. Ă lâinstar de lâĂ©crit littĂ©raire, que lâon ne peut rĂ©duire Ă sa quatriĂšme de couverture, le sens de la recherche qualitative ne peut sâexprimer par son seul rĂ©sumĂ©. Elle doit ĂȘtre lue, et non seulement parcourue rapidement ; son sens se rĂ©vĂšle au fil de la lecture. Il me semblait au mieux insensĂ©, au pire narcissique et totalement Ă©gocentrique, de passer des mois, voire des annĂ©es, Ă rĂ©aliser une recherche dont le rendu ne serait Ă la fin lu de personne et ne servirait Ă rien sinon Ă promouvoir la carriĂšre de celle ou celui qui lâaurait Ă©crit. Ătait-il possible de produire des Ă©crits qui Ă la fois seraient indispensables et sauraient faire la diffĂ©rence ? Je me suis accrochĂ©e Ă cette idĂ©e de lâĂ©criture comme mĂ©thode de recherche. 6On mâa enseignĂ©, comme Ă vous sans doute, Ă nâĂ©crire que lorsque je savais quoi dire ; autrement dit, Ă nâĂ©crire que lorsque les grandes lignes de mon texte Ă©taient esquissĂ©es et ordonnĂ©es. Mais je nâaimais pas Ă©crire ainsi. Je me sentais coincĂ©e et indiffĂ©rente. Songeant aux rĂšgles dâĂ©criture que lâon mâavait enseignĂ©es, jâai rĂ©alisĂ© quâelles se rattachaient Ă la mĂ©canique scientiste et Ă la recherche quantitative. Elles Ă©taient en fait et en elles-mĂȘmes le rĂ©sultat dâune invention sociohistorique pensĂ©e par nos prĂ©dĂ©cesseurs du xixe siĂšcle. Imposer ces rĂšgles aux chercheuses et chercheurs en recherche qualitative a entraĂźnĂ© un lot de problĂšmes ces mĂ©thodes ont minĂ© le processus crĂ©atif et dynamique de lâĂ©criture ; elles ont amoindri la confiance des jeunes chercheuses et chercheurs qualitatifs, car leur expĂ©rience de la recherche Ă©tait incompatible avec le modĂšle dâĂ©criture prĂŽnĂ© ; et elles ont contribuĂ© Ă produire une flottille dâĂ©crits qualitatifs tout simplement inintĂ©ressants parce quâĂ©crits Ă travers la voix homogĂ©nĂ©isĂ©e de la science ». 7Les chercheuses et chercheurs qualitatifs soulignent frĂ©quemment lâimportance que revĂȘtent les aptitudes et les compĂ©tences individuelles de la personne qui fait la recherche. Ce ne sont pas le sondage, le questionnaire ou lâenregistrement qui sont instruments », mais la chercheuse ou le chercheur. Plus cette personne est habile, meilleures sont les chances que la recherche soit de grande qualitĂ©. 8On invite les Ă©tudiantes et Ă©tudiants Ă faire preuve dâouverture Ă observer, Ă Ă©couter, Ă interroger et Ă participer. Par le passĂ©, on ne leur enseignait toutefois pas Ă nourrir leur Ă©criture. Au cours de la derniĂšre dĂ©cennie, plutĂŽt que de taire leurs voix singuliĂšres, les autrices et auteurs qualitatifs ont nĂ©anmoins affinĂ© leurs compĂ©tences rĂ©dactionnelles. Apprendre Ă Ă©crire autrement ne nuit pas plus Ă nos aptitudes Ă Ă©crire de maniĂšre traditionnelle que lâapprentissage dâune langue seconde diminue notre capacitĂ© Ă nous exprimer dans notre langue maternelle. En fait, câest ainsi que plusieurs formes dâĂ©criture qualitative ont pu Ă©merger. Ăcriture en contexte 9Le langage est une force constitutive qui engendre une vision particuliĂšre de la rĂ©alitĂ© et du soi. Produire des choses » implique et gĂ©nĂšre toujours de la valeur quoi produire, comment nommer ce qui est produit et comment dĂ©finir la relation entre les productions et celles et ceux qui les auront produites. Ăcrire ne fait pas exception. Aucune mise en scĂšne textuelle nâest innocente, y compris celle-ci. Les styles dâĂ©criture ne sont ni fixes ni neutres, mais reflĂštent plutĂŽt le mouvement des Ă©coles de pensĂ©e et des paradigmes dominants au fil du temps. LâĂ©criture en sciences sociales, comme toute forme dâĂ©criture dâailleurs, relĂšve dâune construction sociohistorique et, par consĂ©quent, est appelĂ©e Ă se transformer. 3 Citation originale taste, aesthetics, ethics, humanity, and morality ». 10Depuis le xviie siĂšcle, le monde de lâĂ©criture a Ă©tĂ© divisĂ© en deux types littĂ©raire et scientifique. La littĂ©rature, dĂšs le xviie siĂšcle, a Ă©tĂ© associĂ©e Ă la fiction, Ă la rhĂ©torique et Ă la subjectivitĂ©, tandis que la science a Ă©tĂ© rattachĂ©e aux faits, au langage clair » [plain language] et Ă lâobjectivitĂ© Clifford et Marcus, 1986, p. 5. Au xviiie siĂšcle, le terme science sociale Ă©tait introduit par le marquis de Condorcet. Ce dernier soutenait que la connaissance de la vĂ©ritĂ© » [knowledge of the truth] serait simple » et lâerreur presque impossible » si lâon utilisait un langage prĂ©cis pour parler des enjeux moraux et sociaux citĂ© dans Levine, 1985, p. 6. La littĂ©rature et la science se sont dĂšs lors Ă©rigĂ©es en deux domaines distincts au xixe siĂšcle. La littĂ©rature sâest alignĂ©e sur lâ art » et la culture » ; elle contenait les valeurs du goĂ»t, de lâesthĂ©tique, de lâĂ©thique, de lâhumanitĂ© et de la moralitĂ© »3 Clifford et Marcus, op. cit., p. 6 de mĂȘme que le droit au langage mĂ©taphorique et polysĂ©mique. La science, elle, sâest vu attribuer la croyance selon laquelle ses mots Ă©taient objectifs, prĂ©cis, sans ambiguĂŻtĂ©, dĂ©contextualisĂ©s et littĂ©raux. 4 NDT. Mot-valise formĂ© des mots anglais fact et fiction, difficilement traduisible en français. 5 Citation originale There is no longer any such things as fiction or nonfiction, there is only n ... 11Avec le XXe siĂšcle, les rapports entre lâĂ©criture en sciences sociales et lâĂ©criture littĂ©raire ont gagnĂ© en complexitĂ©. Les prĂ©sumĂ©es dĂ©marcations strictes entre les faits » et la fiction » de mĂȘme quâentre la vĂ©ritĂ© » et lâ imaginĂ© » se sont estompĂ©es. Cette situation a créé un vif dĂ©bat sur lâĂ©criture destinĂ©e au public, soit, ici, celle du journalisme. Des rĂ©dactrices et rĂ©dacteurs ont commencĂ© Ă brouiller en toute connaissance de cause les frontiĂšres entre faits et fiction en se mettant dĂ©libĂ©rĂ©ment au cĆur de leurs rĂ©cits. Cette tendance a Ă©tĂ© qualifiĂ©e par Thomas Wolf de nouveau journalisme » pour une discussion approfondie sur le nouveau journalisme, voir Denzin, 1997, chap. 5. Ă partir des annĂ©es 1970, des croisements » entre des formes dâĂ©criture ont donnĂ© naissance Ă de nouvelles dĂ©signations de genres relevant de lâoxymore non-fiction crĂ©ative », faction4 », fiction ethnographique », roman non fictionnel » et fiction vraie ». Dans les annĂ©es 1980, le romancier E. L. Doctorow affirmait ceci Il nâexiste plus rien de tel que la fiction ou la non-fiction, seulement des rĂ©cits »5 citĂ© dans Fishkin, 1985, p. 7. 12En dĂ©pit du brouillage actuel des genres, et en dĂ©pit du fait que toute Ă©criture est narrative selon notre comprĂ©hension contemporaine, une diffĂ©rence majeure perdure selon moi entre lâĂ©criture fictionnelle et lâĂ©criture scientifique. Il ne sâagit pas de savoir si le texte est une fiction ou une non-fiction ; la distinction renvoie plutĂŽt Ă ce dont se rĂ©clame lâautrice ou lâauteur. 13DĂ©clarer que son travail est une fiction sâinscrit dans une dĂ©marche rhĂ©torique diffĂ©rente de celle qui consiste Ă dĂ©clarer quâil relĂšve des sciences sociales. Les deux genres attirent des publics diffĂ©rents et ont des effets diffĂ©rents sur les publics et le politique â et sur la façon dont il faut Ă©valuer les prĂ©tentions Ă la vĂ©ritĂ© » dâune personne. Ces diffĂ©rences ne devraient ĂȘtre ni nĂ©gligĂ©es ni minimisĂ©es. 14Nous avons la chance, aujourdâhui, dâĆuvrer dans un environnement postmoderne, une Ă©poque oĂč coexistent une multitude de façons de connaĂźtre et de raconter. Le cĆur du postmodernisme repose sur le doute face Ă toute mĂ©thode ou thĂ©orie, tout discours ou genre, toute tradition ou nouveautĂ© qui se revendiquent de la vĂ©ritĂ© » de maniĂšre universelle et unanime, ou qui estiment produire des connaissances qui seules peuvent faire autoritĂ©. Le postmodernisme soupçonne que toute prĂ©tention de vĂ©ritĂ© » cache et sert des intĂ©rĂȘts particuliers dans des luttes locales, culturelles et politiques. Mais il ne rejette pas pour autant et Ă tout coup les mĂ©thodes traditionnelles pour connaĂźtre » et raconter » sous prĂ©texte quâelles seraient fausses ou archaĂŻques. PlutĂŽt, ces standards mĂ©thodologiques pourront ĂȘtre remis en question et de nouvelles mĂ©thodes, ĂȘtre introduites, puis Ă leur tour critiquĂ©es. 15Dans le contexte de doute caractĂ©ristique du postmodernisme, toutes les mĂ©thodes, sans distinction, sont remises en question. Aucune mĂ©thode ne possĂšde de statut privilĂ©giĂ©. Une posture postmoderne nous permet de connaĂźtre quelque chose » sans prĂ©tendre tout connaĂźtre. Un savoir partiel, local et historique demeure un savoir. Dâune certaine maniĂšre, connaĂźtre » est alors plus facile, car le postmodernisme reconnaĂźt les limites du caractĂšre situĂ© de la personne qui connaĂźt. Les autrices et auteurs en recherche qualitative sont pour ainsi dire tirĂ©s dâaffaire. Elles et ils nâont pas Ă jouer Ă Dieu, Ă Ă©crire tels des narratrices et narrateurs omniscients et dĂ©sincarnĂ©s prĂ©tendant possĂ©der un savoir intemporel et universel. Elles et ils peuvent renoncer au mĂ©tanarratif discutable de lâobjectivitĂ© scientifique tout en ayant amplement Ă dire en tant que locutrices et locuteurs situĂ©s, leurs subjectivitĂ©s Ă©tant engagĂ©es Ă connaĂźtre/Ă raconter le monde tel quâelles et ils le perçoivent. 16Le poststructuralisme est une forme de la pensĂ©e postmoderne que jâestime particuliĂšrement utile pour lâemploi de cette perspective dans un contexte de recherche, voir Davies, 1999. Il met en rapport le langage, la subjectivitĂ©, lâorganisation sociale et le pouvoir. LâĂ©lĂ©ment-clĂ©, ici, est le langage. Le langage ne reflĂšte » pas la rĂ©alitĂ© sociale, mais produit du sens et crĂ©e la rĂ©alitĂ© sociale. Par des moyens qui ne sont ni rĂ©ductibles ni mutuellement exclusifs, diffĂ©rents langages et diffĂ©rents discours Ă lâintĂ©rieur dâune mĂȘme langue structurent le monde et lui donnent du sens. Le langage, câest la façon dont lâorganisation sociale et le pouvoir sont dĂ©finis et contestĂ©s et le lieu oĂč le sentiment identitaire dâune personne â sa subjectivitĂ© â se construit. Comprendre le langage comme un ensemble de discours concurrents â comme diverses façons de faire sens et dâorganiser le monde â fait du langage un lieu dâexploration et dâaffrontements. 17Le langage ne dĂ©coule pas de notre individualitĂ© ; plutĂŽt, il permet Ă notre subjectivitĂ© de se construire de maniĂšre spĂ©cifique sur les plans historique et local. Ce que signifie pour nous une chose dĂ©pend des discours auxquels nous avons accĂšs. Par exemple, la façon dont une femme battue par son conjoint en fait lâexpĂ©rience variera selon la nature des discours sur la normalitĂ© du mariage », le droit du mari » ou la femme battue » dans lesquels elle baigne. Si une femme perçoit la violence masculine comme Ă©tant normale ou comme relevant des droits du conjoint, il est peu probable quâelle se considĂšre comme une victime de violence conjugale, une marque de pouvoir pourtant illĂ©gitime qui ne devrait ĂȘtre tolĂ©rĂ©e. De la mĂȘme maniĂšre, si un homme est exposĂ© au discours des sĂ©vices sexuels subis durant lâenfance », il pourrait se rappeler les expĂ©riences traumatiques quâil a vĂ©cues en les catĂ©gorisant autrement. LâexpĂ©rience et la mĂ©moire sont par consĂ©quent ouvertes Ă des interprĂ©tations contradictoires gouvernĂ©es par des intĂ©rĂȘts sociaux et les discours dominants. Lâindividu est Ă la fois le lieu et le sujet de ces luttes discursives et de ces discours qui sâopposent dans de nombreux domaines. Sa subjectivitĂ© est changeante et contradictoire elle nâest ni stable, ni fixĂ©e, ni rigide. 18Le poststructuralisme, dĂšs lors, pointe vers la cocrĂ©ation continue du soi et des sciences sociales ; tous deux se comprennent lâun Ă travers lâautre. Se connaĂźtre soi-mĂȘme et connaĂźtre un sujet, cela renvoie Ă des savoirs imbriquĂ©s, partiels, historiques et locaux. Le poststructuralisme, par consĂ©quent, nous permet de nous interroger sur notre mĂ©thode â voire nous y invite ou nous y incite â et dâexplorer de nouvelles façons de connaĂźtre. Plus spĂ©cifiquement, il suggĂšre deux idĂ©es fondamentales pour les autrices et auteurs en recherche qualitative. 19PremiĂšrement, il nous commande dâadopter une posture rĂ©flexive, de prendre conscience que nous Ă©crivons Ă partir de lieux spĂ©cifiques, Ă des moments donnĂ©s. DeuxiĂšmement, il nous dĂ©lie de lâobligation dâĂ©crire un seul et unique texte dans lequel tout devrait ĂȘtre dit, Ă lâintention de toutes et tous. En nourrissant la singularitĂ© de nos voix, nous nous libĂ©rons de lâemprise sĂ©vĂšre quâa lâ Ă©criture scientifique » sur notre conscience et de lâarrogance quâelle dĂ©ploie sur notre psychĂ©. LâĂ©criture est validĂ©e comme mĂ©thode de production du savoir. Ethnographie CAP 6 NDT. Lâexpression originale en anglais est CAP [creative analytical processes] ethnographies ». N ... 20Ă la suite des critiques postmodernes â y compris celles du poststructuralisme, du fĂ©minisme, du mouvement queer et de la critical race theory â des pratiques dâĂ©criture qualitative traditionnelles, les sacro-saintes conventions dâĂ©criture en sciences sociales ont Ă©tĂ© contestĂ©es. Le genre ethnographique sâest Ă©largi, transformĂ© et complexifiĂ© grĂące aux diffĂ©rents formats de textes adoptĂ©s par les chercheuses et chercheurs qui souhaitaient joindre un plus large public. Ces ethnographies ont en commun dâavoir Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©es selon des pratiques analytiques crĂ©atives. Je les appelle les ethnographies CAP [processus analytiques crĂ©atifs]6 ». Cette Ă©tiquette peut inclure de nouveaux, de futurs et mĂȘme dâanciens travaux, du moment oĂč lâautrice ou lâauteur se dĂ©gage des normes dâĂ©criture traditionnelles en sciences sociales. Les ethnographies CAP ne sont ni des formes alternatives ni des formes expĂ©rimentales ; elles constituent, dâelles-mĂȘmes et en elles-mĂȘmes, des reprĂ©sentations du social valides et souhaitables. Dans un avenir rapprochĂ©, ces ethnographies pourraient dâailleurs trĂšs bien devenir les reprĂ©sentations Ă privilĂ©gier en raison de lâengagement quâelles suscitent et parce quâelles ouvrent la porte Ă des façons de penser le social qui, pour lâinstant, nous Ă©chappent. 21Lâethnographie CAP donne lieu Ă des pratiques Ă la fois analytiques et crĂ©atives. Toutes croyances selon lesquelles lâ analyse » et la crĂ©ativitĂ© » ne peuvent ĂȘtre que contradictoires et incompatibles sont dĂ©passĂ©es. Elles sont condamnĂ©es Ă lâextinction. Voyez lâĂ©volution, la prolifĂ©ration et la diversitĂ© des espĂšces » ethnographiques autoethnographie, fiction, poĂ©sie, théùtre, théùtre des lectrices/lecteurs, rĂ©cits dâĂ©criture, aphorismes, textes stratifiĂ©s, conversations, lettres, textes polyvocaux, comĂ©dies, satires, allĂ©gories, textes visuels, hypertextes, expositions musĂ©ales, dĂ©couvertes chorĂ©graphiĂ©es, performances, pour ne nommer que certaines des catĂ©gories discutĂ©es dans ce recueil [The SAGE Handbook of Qualitative Research, 2005]. Ces nouvelles espĂšces » dâĂ©criture qualitative sâadaptent au monde politique/social dans lequel nous vivons un monde fait dâincertitudes. Avec leurs nombreuses possibilitĂ©s de prĂ©sentation et de publication, les ethnographies CAP annoncent un changement de paradigme Ellis et Bochner, 1996. 22Au sein des ethnographies CAP, le processus dâĂ©criture et le produit de lâĂ©criture sont intimement liĂ©s ; ils sont tous deux favorisĂ©s. Le produit ne peut ĂȘtre sĂ©parĂ© ni de la personne productrice, ni du mode de production, ni de la mĂ©thode de connaissance. Puisque les ethnographies traditionnelles aussi bien que les ethnographies CAP sont rĂ©alisĂ©es en Ă©tant habitĂ©es par le doute » propre au postmodernisme, les lectrices et lecteurs et les relectrices et relecteurs souhaitent savoir et ont le droit de savoir selon quels principes les chercheuses et chercheurs prĂ©tendent possĂ©der les connaissances quâelles et ils possĂšdent. Quelle posture adoptent les autrices et auteurs en tant que personnes connaissant » et racontant » ? Ces questions posent des enjeux, tous entrelacĂ©s, dâun cĂŽtĂ©, de reprĂ©sentation et, de lâautre, de subjectivitĂ©, dâautoritĂ©, dâauthorship, de rĂ©flexivitĂ© et de processus. 23Le postmodernisme soutient que notre Ă©criture est toujours partielle, locale et situĂ©e, et que notre voix est toujours prĂ©sente, peu importe les efforts que nous dĂ©ployons pour la supprimer â du moins en partie, car nous rĂ©primons forcĂ©ment une part de nous-mĂȘmes en Ă©crivant. Partir de ce principe libĂšre notre Ă©criture, nous permet de convoquer une variĂ©tĂ© de formes â de dire et de redire. Comprendre comme il faut » est impossible ; on peut seulement comprendre » les contours et les nuances de diffĂ©rentes maniĂšres. En faisant appel Ă des pratiques analytiques crĂ©atives, les ethnographes acquiĂšrent des connaissances sur des objets comme sur eux-mĂȘmes qui seraient autrement demeurĂ©es insaisissables et inimaginables si elles et ils nâavaient fait appel quâĂ des processus analytiques, des mĂ©taphores et des formes dâĂ©criture traditionnelles. 24La recherche traditionnelle valorise la triangulation ». Pour une discussion sur la mĂ©thode de triangulation, voir Denzin, 1978. Pour une mise en pratique de cette mĂ©thode, voir Statham, Richardson et Cook, 1991. La chercheuse ou le chercheur qui fait appel Ă la triangulation utilise pour ce faire diffĂ©rentes mĂ©thodes entrevues, donnĂ©es de recensement, documents, etc. afin de valider ses rĂ©sultats. Ces mĂ©thodes, cependant, reposent sur les mĂȘmes prĂ©supposĂ©s, dont celui quâil existerait un point fixe » ou un objet » pouvant ĂȘtre triangulĂ©. Avec les ethnographies CAP, les chercheuses et chercheurs sâinspirent des genres littĂ©raires, artistiques et scientifiques, transgressant par ailleurs souvent les codes de ces genres. ProcĂ©dant de ce qui me paraĂźt ĂȘtre une dĂ©construction postmoderne de la triangulation, le texte CAP reconnaĂźt que le monde ne peut simplement ĂȘtre apprĂ©hendĂ© de trois cĂŽtĂ©s ». Nous ne triangulons pas, nous cristallisons. 25Je suggĂšre quâen matiĂšre de validitĂ© », lâimaginaire central des textes postmodernes ne repose pas sur le triangle â un objet rigide, fixĂ© et bidimensionnel â, mais sur le cristal. Le cristal combine symĂ©trie et matiĂšre avec une infinitĂ© de formes, de substances, de multidimensionnalitĂ©s, dâangles et dâapproches. Les cristaux se dĂ©veloppent, se transforment, sont altĂ©rĂ©s, mais ne sont pas amorphes. Ces prismes reflĂštent des externalitĂ©s et se rĂ©fractent en eux, ce qui crĂ©e un jeu de couleurs, de modĂšles et dâassemblages qui se dĂ©ploient dans plusieurs directions. Ce que nous voyons dĂ©pend de notre inclinaison ; il ne sâagit donc pas de triangulation, mais de cristallisation. Avec les textes CAP, nous passons de la gĂ©omĂ©trie plane Ă la thĂ©orie de la lumiĂšre, oĂč la lumiĂšre est Ă la fois ondulations et particules. 26Travels With Ernest Crossing the Literary/Sociological Divide Richardson et Lockridge, 2004 est un exemple rĂ©cent de pratiques de cristallisation. Cet ouvrage repose sur une carte de voyages par exemple, la Russie, lâIrlande, Beyrouth, Copenhague, Sedona, la plage de Saint-PĂ©tersbourg que jâai rĂ©alisĂ©s avec mon mari, Ernest Lockridge, romancier et professeur dâanglais. Nous avons tous deux fait lâexpĂ©rience des mĂȘmes lieux, mais les avons rĂ©fractĂ©s Ă travers nos propres regard professionnel, genre, sensibilitĂ©s, expĂ©riences de vie ou dĂ©sirs Ă©motionnels et spirituels. AprĂšs avoir chacun et de maniĂšre indĂ©pendante rĂ©digĂ© un compte rendu narratif de nos voyages â un essai personnel â, nous avons Ă©changĂ© et lu nos Ă©crits, puis entamĂ© une vaste conversation enregistrĂ©e et transcrite sur les lignes disciplinaires qui traversent lâĂ©criture, lâĂ©thique, la notion dâauthorship, la collaboration, le tĂ©moignage, les faits/la fiction, les publics et les relations, de mĂȘme que le croisement entre lâobservation et lâimagination. Les pĂ©riples de voyage, ainsi, sont physiques, Ă©motionnels et intellectuels. 27Le processus collaboratif modĂ©lisĂ© dans Travels with Ernest fait honneur au caractĂšre distinct de chacune de nos voix, explore les limites de lâobservation et de lâimagination, du tĂ©moignage et de la remise en rĂ©cit, de la mĂ©moire et de la remĂ©moration, et atteste de la valeur de la cristallisation. Je demeure une sociologue ; il demeure un romancier. Aucun de nous deux nâabandonne sa vision fondamentale du monde. Ă travers notre processus collaboratif, nous avons cependant dĂ©couvert maintes choses Ă propos de nous notre relation, nos rapports avec nos familles, notre travail et notre Ă©criture que nous nâaurions pu dĂ©couvrir autrement. Par exemple, nous avons compris que nous souhaitions que le dernier pan de notre ouvrage fasse rupture avec le format dâĂ©criture du livre, que nous voulions explorer dâautres possibilitĂ©s. De notre conversation â et de ses multiples interruptions â, nous avons Ă©laborĂ© un scĂ©nario de film campĂ© dans notre Grande cuisine amĂ©ricaine. Nous aimions particuliĂšrement que la mĂ©thode collaborative dĂ©ployĂ©e dans notre texte soit ouverte Ă toutes et Ă tous. Il sâagissait dâune Ă©criture stratĂ©gique qui permettait de transgresser les hiĂ©rarchies Ă©tablies entre la chercheuse ou le chercheur et ce qui fait lâobjet de la recherche, entre lâĂ©tudiante ou lâĂ©tudiant et la personne qui lui enseigne. 28La cristallisation, sans perdre sa structure, permet de dĂ©construire notre conception traditionnelle de la validitĂ© ». Elle nous permet de rĂ©flĂ©chir Ă lâabsence de vĂ©ritĂ© unique et de comprendre comment les textes se valident entre eux. La cristallisation nous apporte une comprĂ©hension profonde, complexe et tout Ă fait partielle de notre objet dâĂ©tude. Nos connaissances sâĂ©largissent, mais, paradoxalement, nous doutons du mĂȘme coup de ces connaissances, car nous savons quâil y a encore et toujours davantage Ă connaĂźtre. Ăvaluer les ethnographies CAP 29Parce que les fondements Ă©pistĂ©mologiques de lâethnographie CAP se distinguent de ceux des sciences sociales traditionnelles, le dispositif conceptuel par lequel les ethnographies CAP peuvent ĂȘtre Ă©valuĂ©es varie. Bien que nous soyons libres de prĂ©senter nos textes sous diverses formes afin de joindre des publics variĂ©s, des contraintes liĂ©es Ă la rĂ©flexivitĂ© surviennent dĂšs lors que sont faites des revendications dâauthorship, dâautoritĂ©, de vĂ©ritĂ©, de validitĂ© et de fiabilitĂ©. La rĂ©flexivitĂ© nous fait prendre conscience dâune partie des vues politiques/idĂ©ologiques complexes qui se dissimulent sous notre Ă©criture. Avoir la libertĂ© de jouer avec la forme textuelle ne garantit pas un meilleur produit. Les occasions dâĂ©crire des textes qui en valent vraiment la peine â des livres et des articles qui sont de bonnes lectures » â sont multiples et stimulantes, mais exigeantes. Il sâagit lĂ dâun travail plus difficile, qui offre des garanties limitĂ©es. Bref, nous avons encore beaucoup Ă faire. 30Lâun des principaux enjeux est celui des critĂšres dâĂ©valuation. Comment juger de la valeur dâun travail ethnographique, quâil soit nouveau ou traditionnel ? Les ethnographes de bonne volontĂ© seront prĂ©occupĂ©es et prĂ©occupĂ©s par la façon dont le travail de leurs Ă©tudiantes et Ă©tudiants sera Ă©valuĂ© si elles et ils optent pour une ethnographie CAP. Je nâai aucune rĂ©ponse dĂ©finitive Ă leur fournir pour apaiser leurs esprits, mais jâai nĂ©anmoins quelques idĂ©es et prĂ©fĂ©rences. 31Je conçois le projet ethnographique comme humainement situĂ©, toujours filtrĂ© par le regard humain et les perceptions humaines, et portant les limites comme les forces des sentiments humains. La superstructure scientifique sâinscrit toujours au fondement des activitĂ©s, des croyances et des conceptions des humains. Je souligne Ă grands traits que lâethnographie se construit au travers des pratiques de recherche. Celles-ci sont engagĂ©es dans la poursuite dâun entendement plus vaste. La science propose diverses pratiques la littĂ©rature, les arts crĂ©atifs, le travail de mĂ©moire Davies et al., 1997, lâintrospection Ellis, 1991 et le dialogue Ellis, 2004. Les chercheuses et chercheurs peuvent ainsi choisir parmi plusieurs pratiques de recherche et ne devraient pas ĂȘtre assujettis aux habitudes de pensĂ©e des autres. 32Je crois quâil importe dâapprĂ©cier toute ethnographie CAP en fonction des plus hauts standards ; la simple nouveautĂ© ne suffit pas. Voici quatre des critĂšres que jâutilise pour Ă©valuer des articles ou des monographies soumis pour publication en sciences sociales Contribution significative. Ce texte contribue-t-il Ă notre comprĂ©hension de la vie sociale ? Est-ce que lâautrice ou lâauteur fait la dĂ©monstration dâune perspective scientifique sociale profondĂ©ment ancrĂ©e voire intĂ©grĂ©e ? Ce texte paraĂźt-il vrai » â est-il un compte rendu crĂ©dible dâun rĂ©el » culturel, social, individuel ou qui relĂšve du sens commun ? Pour des suggestions permettant de rĂ©pondre Ă ce critĂšre, voir la partie 3. MĂ©rite esthĂ©tique. Les standards ne sont pas rĂ©duits ; un autre standard est ajoutĂ©. Ce texte est-il rĂ©ussi sur le plan esthĂ©tique ? Lâutilisation de pratiques analytiques crĂ©atives gĂ©nĂšre-t-elle un texte ouvert et incite-t-elle Ă lâinterprĂ©tation ? Le texte est-il artistique, satisfaisant, complexe et captivant ? RĂ©flexivitĂ©. En quoi la subjectivitĂ© de lâautrice ou de lâauteur a-t-elle Ă©tĂ© productrice et produit du texte Ă©crit ? Est-ce que lâautrice ou lâauteur est conscient de sa posture et est-ce quâelle ou il se dĂ©voile suffisamment pour que la lectrice ou le lecteur puisse saisir la valeur des points de vue formulĂ©s ? Lâautrice ou lâauteur se tient-elle ou il responsable des normes de connaissance et de transmission des connaissances des personnes au cĆur de son Ă©tude ? PortĂ©e. Ce texte me touche-t-il sur les plans Ă©motionnel et intellectuel ? GĂ©nĂšre-t-il de nouvelles questions ? Me stimule-t-il Ă Ă©crire ? Mâencourage-t-il Ă explorer de nouvelles pratiques de recherche ou Ă me mettre en action ? 33Voici quatre de mes critĂšres. La science est une lunette, les arts crĂ©atifs en sont une autre. Notre perception du monde gagne en profondeur lorsque nous utilisons les deux. Je veux regarder au travers de ces deux lunettes pour saisir une forme dâart des sciences sociales » une forme de reprĂ©sentation radicalement interprĂ©tative. 7 NDT. Le terme race, tel quâil est utilisĂ© par lâautrice dans le texte original, est apprĂ©hendĂ© au s ... 34Ce dĂ©sir nâest pas seulement le mien. Jâai constatĂ© que plusieurs Ă©tudiantes et Ă©tudiants issus de divers milieux sociaux ou de cultures marginalisĂ©es sont Ă©galement attirĂ©s par cette vision du monde social Ă deux lunettes. Plusieurs trouvent lâethnographie CAP attirante et se joignent Ă la communautĂ© qualitative. Plus cela se produit, plus nous en tirons toutes et tous profit. Les implications de race7 et de genre sont mises en Ă©vidence non pas pour ĂȘtre politiquement correctes », mais parce que ces questions sont des axes Ă partir desquels les mondes symboliques et actuels ont Ă©tĂ© construits. Les personnes issues des groupes non dominants le savent et peuvent sâassurer que cette connaissance est respectĂ©e cf. Margolis et Romero, 1998. Lâeffacement des frontiĂšres des sciences humaines et sociales serait accueilli favorablement non pas parce quâil rĂ©pondrait Ă une tendance », mais parce quâil sâaccorderait au sens de la vie et au style dâapprentissage de bon nombre de personnes. Cette nouvelle communautĂ© qualitative, Ă travers sa posture thĂ©orique, ses pratiques analytiques et ses membres aux origines diversifiĂ©es, pourrait dĂ©passer les cadres du milieu universitaire et nous en apprendre davantage sur les injustices sociales et les façons dây remĂ©dier. Parmi les chercheuses et chercheurs qualitatifs, qui ne se sentirait pas enrichi par lâappartenance Ă une communautĂ© aussi invitante et diversifiĂ©e ? LâĂ©criture prend de nouvelles formes, se centre sur lâautrice, lâauteur, devient moins lassante et plus humble. Ce sont lĂ des occasions Ă saisir. Certaines personnes accordent mĂȘme Ă leur travail un caractĂšre spirituel. RĂ©cits dâĂ©criture et rĂ©cits personnels 35La vie ethnographique ne peut ĂȘtre sĂ©parĂ©e du soi. Ce que nous sommes et ce que nous pouvons ĂȘtre â ce que nous pouvons Ă©tudier, notre façon dâĂ©crire sur ce que nous Ă©tudions â sont liĂ©s Ă la maniĂšre quâa un rĂ©gime de connaissances de se discipliner et de discipliner ses membres, de mĂȘme quâaux mĂ©thodes que ce rĂ©gime emploie pour faire autoritĂ© tant sur lâobjet de recherche que sur ses membres. 36Nous avons hĂ©ritĂ© de rĂšgles ethnographiques arbitraires, rĂ©ductrices, excluantes, dĂ©formantes et aliĂ©nantes. Notre tĂąche est de dĂ©finir des pratiques concrĂštes qui nous permettront de faire de nous des sujets Ă©thiques, engagĂ©s dans une ethnographie Ă©thique inspirante pour la lecture et lâĂ©criture. 8 En français dans le texte. 37Certaines de ces pratiques comportent de travailler avec des schĂ©mas thĂ©oriques par exemple, la sociologie de la connaissance, le fĂ©minisme, la critical race theory, le constructivisme, le poststructuralisme qui remettent en question les motifs de lâautoritĂ© ; dâĂ©crire sur des sujets qui importent sur le plan tant personnel que collectif ; de faire lâexpĂ©rience de la jouissance8 ; dâexplorer simultanĂ©ment diffĂ©rentes formes dâĂ©criture et de publics ; de se situer dans de multiples discours et communautĂ©s ; de dĂ©velopper un regard critique ; de trouver des façons dâĂ©crire, de prĂ©senter, dâenseigner moins hiĂ©rarchiques et moins univoques ; de rĂ©vĂ©ler les secrets institutionnels ; dâutiliser des postures dâautoritĂ© pour accroĂźtre la diversitĂ© aussi bien dans le corps professoral universitaire que dans les publications scientifiques ; de sâengager dans lâautorĂ©flexivitĂ© ; de cĂ©der Ă la synchronicitĂ© ; de se demander ce que lâon veut ; de faire face Ă ce vers quoi notre Ă©criture nous mĂšnera sur les plans Ă©motionnel ou spirituel ; et dâhonorer le caractĂšre incarnĂ© et situĂ© de son travail. 38Cette derniĂšre pratique â honorer le lieu du soi â nous encourage Ă construire ce que je nomme des rĂ©cits dâĂ©criture » [writing stories]. Il sâagit de rĂ©cits qui positionnent notre Ă©criture au sein de notre vie en prenant en considĂ©ration, par exemple, les contraintes disciplinaires, les dĂ©bats universitaires, les politiques dĂ©partementales, les mouvements sociaux, les structures collectives, nos intĂ©rĂȘts de recherche, nos liens familiaux et notre histoire personnelle. Ils permettent Ă la rĂ©flexivitĂ© critique de lâĂ©criture du soi dans diffĂ©rents contextes de sâinscrire au sein dâune pratique analytique dâĂ©criture indispensable. Ils soulĂšvent de nouvelles questions concernant le soi et le sujet Ă lâĂ©tude ; ils nous rappellent que notre travail est incarnĂ©, contextuel et rhizomatique ; et ils dĂ©mystifient le processus de recherche et dâĂ©criture et aident les autres Ă en faire autant. GrĂące Ă ces histoires, des parties auparavant inaccessibles de notre soi peuvent Ă©merger, des blessures peuvent se guĂ©rir, notre sens du soi peut sâaffiner, notre identitĂ© mĂȘme peut se transformer. 39Dans Fields of Play Constructing an Academic Life Richardson, 1997, jâai largement utilisĂ© les rĂ©cits dâĂ©criture pour contextualiser mes dix annĂ©es de travail sociologique, crĂ©ant ainsi un texte plus conforme Ă la comprĂ©hension poststructuraliste du caractĂšre situĂ© de la connaissance. En organisant mes articles et mes essais de maniĂšre chronologique, selon lâordre dans lequel ils avaient Ă©tĂ© Ă©crits, je les ai classĂ©s en deux piles Ă conserver » et Ă rejeter ». Lorsque jâai relu mon premier texte conservĂ©, une allocution prĂ©sidentielle pour la North Central Sociological Association, je me suis rappelĂ© avoir Ă©tĂ© traitĂ©e avec condescendance, avoir Ă©tĂ© marginalisĂ©e et punie par le doyen et le directeur de mon dĂ©partement pour ce discours. ImprĂ©gnĂ©e de ce souvenir, jâai rĂ©alisĂ© un rĂ©cit dâĂ©criture sur le dĂ©calage qui existe entre ma vie dĂ©partementale et ma rĂ©putation au sein de ma discipline. Ăcrire cette histoire nâa pas Ă©tĂ© chose facile sur le plan Ă©motionnel. Jâai Ă©tĂ© de nouveau habitĂ©e par des expĂ©riences terribles, mais leur mise en rĂ©cit mâa libĂ©rĂ©e de la colĂšre et de la douleur qui leur Ă©taient associĂ©es. Plusieurs universitaires ayant par la suite lu ce texte y ont reconnu des expĂ©riences similaires â leurs histoires jamais racontĂ©es. 40Jâai repassĂ© dans lâordre la pile des Ă conserver », relisant et mettant ensuite sur papier le rĂ©cit de cette expĂ©rience de relecture les diffĂ©rentes facettes, les diffĂ©rents contextes. Pour certains rĂ©cits, jâai dĂ» retourner Ă mes journaux de bord et Ă mes documents ; la plupart du temps, ce nâĂ©tait toutefois pas nĂ©cessaire. Certaines histoires Ă©taient douloureuses et mâont pris un temps fou Ă rĂ©diger, mais leur Ă©criture a desserrĂ© lâemprise ombrageuse quâelles avaient sur moi. Dâautres, encore, ont Ă©tĂ© heureuses et mâont rappelĂ© la chance que jâavais dâavoir des amies et amis, des collĂšgues et une famille. 41Les rĂ©cits dâĂ©criture nous sensibilisent aux consĂ©quences potentielles de lâensemble de nos Ă©crits, car ils nous ramĂšnent Ă lâĂ©thique de la reprĂ©sentation. Les rĂ©cits dâĂ©criture ne portent pas sur des personnes ou des cultures lĂ -bas » â des sujets ou des objets ethnographiques ; plutĂŽt, ils portent sur nous nos espaces de travail, nos disciplines, nos amitiĂ©s et notre famille. Que pouvons-nous dire et avec quelles consĂ©quences ? Les rĂ©cits dâĂ©criture sont risquĂ©s et peuvent ĂȘtre bouleversants, ils nous rapprochent » de la reprĂ©sentation ethnographique et la rendent personnelle ». 42Chaque rĂ©cit dâĂ©criture offre lâoccasion Ă son autrice ou Ă son auteur de prendre une dĂ©cision Ă©thique situĂ©e et pragmatique concernant la publication ou non de son rĂ©cit et le lieu de publication. En gĂ©nĂ©ral, je ne vois aucun problĂšme Ă©thique Ă publier des rĂ©cits qui reflĂštent les abus de pouvoir ; je considĂšre les dommages causĂ©s par celles et ceux qui abusent comme bien plus grands que les dĂ©sagrĂ©ments que pourraient leur apporter mes rĂ©cits. Par opposition, lâidĂ©e de publier des rĂ©cits impliquant les membres de ma famille immĂ©diate est pour moi plus contraignante. Je vĂ©rifie le contenu de mes rĂ©cits avec eux. Dans le cas de membres de ma famille Ă©loignĂ©e, je modifie leurs prĂ©noms et les caractĂ©ristiques qui permettent de les reconnaĂźtre. Je garde aussi pour moi certains de mes Ă©crits plus rĂ©cents qui pourraient nuire sĂ©rieusement Ă la paix familiale » et les mets de cĂŽtĂ©, espĂ©rant quâun jour je trouverai une façon de les rendre publics. 9 En français dans le texte. 43Dans une section de Fields of Play Richardson, 1997, je raconte deux rĂ©cits entremĂȘlĂ©s dâ Ă©criture illĂ©gitime ». Lâun de ces rĂ©cits est une reprĂ©sentation poĂ©tique de mon entrevue avec Louisa May, une mĂšre non mariĂ©e. Lâautre est le rĂ©cit de cette recherche comment jâai Ă©crit ce poĂšme, sa diffusion, sa rĂ©ception et les consĂ©quences quâil a eues sur moi. Il existe une multitude dâillĂ©gitimitĂ©s dans ces rĂ©cits un enfant conçu hors mariage ; la reprĂ©sentation poĂ©tique de rĂ©sultats » de recherche ; une voix fĂ©minine en sciences sociales ; une recherche ethnographique sur des ethnographes et une reprĂ©sentation théùtrale de cette recherche ; la prĂ©sence Ă©motionnelle de la personne qui Ă©crit ; et un travail effrĂ©nĂ© de jouissance9. 44Jâai dâabord pensĂ© que lâhistoire de cette recherche Ă©tait complĂšte, pas forcĂ©ment lâunique version possible, mais une qui, du moins, reflĂ©tait raisonnablement, honnĂȘtement et sincĂšrement ce que mes expĂ©riences de recherche avaient Ă©tĂ©. Je le crois toujours. Cela Ă©tant dit, jâai dĂ» le reconnaĂźtre avec le temps, les expĂ©riences biographiques personnelles qui mâavaient amenĂ©e Ă Ă©crire cette histoire manquaient toujours. 45Jâai Ă©ventuellement compris que lâidĂ©e dâ illĂ©gitimitĂ© » avait eu une forte emprise sur moi. Dans mon journal de recherche, jâĂ©crivais ainsi Ma carriĂšre en sciences sociales pourrait ĂȘtre perçue comme une longue aventure dans lâillĂ©gitimitĂ©. » Je me suis demandĂ© pour quelle raison jâĂ©tais attirĂ©e par lâĂ©criture de textes illĂ©gitimes », y compris le texte de ma vie universitaire. Quel est donc ce combat que jâentretiens avec le monde universitaire â Ă la fois en faire partie et mây opposer ? En quoi mon histoire ressemble-t-elle aux histoires de celles et ceux qui ont du mal Ă se comprendre, qui luttent pour retrouver leur soi supprimĂ©, pour agir Ă©thiquement, et en quoi sâen distingue-t-elle ? 46RĂ©fractant lâ illĂ©gitimitĂ© » au moyen dâallusions, dâaperçus et de regards plus vastes, jâen suis venue Ă Ă©crire un essai personnel, Vespers », le dernier de Fields of Play Richardson, 1997. Avec Vespers », jâai situĂ© ma vie universitaire dans des expĂ©riences et des souvenirs dâenfance, jâai approfondi ma connaissance de moi-mĂȘme, et le texte a trouvĂ© un Ă©cho chez dâautres personnes issues du milieu universitaire. Vespers » a Ă©galement produit sa propre rĂ©fraction il mâa donnĂ© le dĂ©sir, la force et une connaissance de moi-mĂȘme suffisante pour me permettre dâentreprendre la mise en rĂ©cit dâautres souvenirs et expĂ©riences ; il mâa donnĂ© une agentivitĂ© renouvelĂ©e et mâa permis de me reconstruire, pour le meilleur et pour le pire. 47Les rĂ©cits dâĂ©criture et les rĂ©cits personnels deviennent sans cesse davantage la façon par laquelle je fais sens du monde, par laquelle les expĂ©riences biographiques qui sont les miennes sâinsĂšrent dans un contexte sociohistorique plus large. En utilisant lâĂ©criture comme mĂ©thode de dĂ©couverte, conjointement Ă ma relecture fĂ©ministe de la pensĂ©e deleuzienne, je suis passĂ©e de Comment Ă©crire dans le contexte de la crise de la reprĂ©sentation ? », ma premiĂšre question dâĂ©criture, Ă Comment documenter le devenir ? ». 48Comme les flĂšches de ZĂ©non, je nâatteindrai jamais une destination une destinĂ©e ?. Contrairement Ă ZĂ©non, toutefois, plutĂŽt que de me concentrer sur lâarrivĂ©e dâun parcours qui nâa pas de fin, je porte mon attention sur les maniĂšres dont les flĂšches sont construites, sur leur position dans le carquois et sur la position â dĂ©calage et repositionnement â du carquois dans le monde. Je conçois les promesses des idĂ©ologies progressistes et des expĂ©riences personnelles comme des ruines Ă excaver, comme des plis Ă dĂ©plier, comme des chemins traversant le miasme universitaire. Je suis convaincue que, dans le rĂ©cit ou les rĂ©cits du devenir, nous avons de bonnes chances de dĂ©construire lâidĂ©ologie universitaire sous-jacente â celle qui prĂ©tend quâĂȘtre quelque chose par exemple, une professeure qui a du succĂšs, un thĂ©oricien ingĂ©nieux, un maĂźtre acadĂ©micien, une fĂ©ministe covergirl vaut mieux que de devenir. Pour moi, Ă prĂ©sent, dĂ©couvrir les imbrications complexes entre classe, race, genre, Ă©ducation, religion et autres diversitĂ©s, lesquelles ont façonnĂ© la sociologue que je suis devenue, est une façon pratique de dĂ©tourner les mondes universitaire et autres dans lesquels je vis. Aucun de nous ne sait quâelle sera son ultime destination, mais nous toutes et tous pouvons reconnaĂźtre les facteurs qui auront une influence dĂ©terminante sur nos vies, facteurs que nous pouvons choisir dâaffronter, dâembrasser ou dâignorer. 49Je ne sais pas comment les autres documenteront leur devenir, mais jâai choisi des structures qui sâaccordent Ă mon caractĂšre, Ă mes orientations thĂ©oriques et Ă ma vie dâautrice. Je grandis » en rĂ©fractant ma vie Ă travers des lentilles sociologiques, mâassociant pleinement Ă la sociologie » de C. Wright Mills, au croisement du biographique et de lâhistorique. Je dĂ©couvre que mes prĂ©occupations de justice sociale, informĂ©e par lâappartenance ethnique, la classe, le genre et lâethnicitĂ©, prennent leur origine dans des expĂ©riences dâenfance. Ces expĂ©riences ont consolidĂ© mes Ă©crits Ă venir. Comment puis-je donner de la portĂ©e Ă mon Ă©criture ? Comment puis-je Ă©crire de façon Ă accĂ©lĂ©rer le dĂ©veloppement dâun projet dĂ©mocratique de justice sociale ? 50Je nâai pas de rĂ©ponses accrocheuses et simples Ă ces questions. Je sais que lorsque je me plonge dans mon Ă©criture, tant ma compassion envers les autres que mes actions pour les soutenir gagnent en force. Mon Ă©criture me porte vers un espace indĂ©pendant oĂč je perçois avec plus de clartĂ© les interrelations entre et parmi les personnes dans le monde. Peut-ĂȘtre que dâautres autrices et auteurs vivent des expĂ©riences similaires. Peut-ĂȘtre que rĂ©flĂ©chir profondĂ©ment et Ă©crire sur la vie dâautrui nous a menĂ©s, ou nous mĂšnera, Ă poser des gestes qui permettront de rĂ©duire les iniquitĂ©s entre les personnes ainsi que la violence. Partie 2 lâĂ©criture comme mĂ©thode de recherche nomade Elizabeth Adams St. Pierre 10 NDT. Pour les expressions et les citations provenant dâouvrages traduits du français vers lâanglais ... 51Il nâest pas innocent que mon Ă©criture sur lâĂ©criture comme mĂ©thode de recherche dans ce texte double apparaisse aprĂšs celle de Laurel Richardson il sâagit dâune trajectoire, dâune ligne de fuite10 » Deleuze et Parnet, 1977, p. 125, qui dĂ©coule du travail de Richardson. Je me propose ici dâeffectuer une cartographie de ce qui peut arriver lorsque lâon prend au sĂ©rieux son invitation Ă penser lâĂ©criture en tant que mĂ©thode de recherche qualitative. Jâai lu une toute premiĂšre Ă©bauche du chapitre intitulĂ© Writing A method of discovery » en 1992, dans un cours de sociologie Richardson y enseignait la recherche et lâĂ©criture postmodernes. Des annĂ©es auparavant, jâavais pour ma part Ă©tĂ© formĂ©e, dans le cadre dâune majeure en anglais, Ă envisager lâĂ©criture comme le traçage de la pensĂ©e dĂ©jĂ pensĂ©e, comme le reflet transparent du connu et du rĂ©el â lâĂ©criture comme reprĂ©sentation, comme rĂ©pĂ©tition. Jâadopte encore cette approche pour certains publics et Ă certaines fins, mais, dĂ©sormais, jâemploie principalement lâĂ©criture pour Ă©branler le connu et le rĂ©el â lâĂ©criture comme simulation Baudrillard, 1988/1981, comme rĂ©pĂ©tition subversive » [subversive repetition]Butler, 1990, p. 32. 52Pensant ensemble Richardson et Deleuze, jâai nommĂ© mon travail dans le milieu universitaire recherche nomade » St. Pierre, 1997a, 1997c [nomadic inquiry]. Une grande partie de ce travail sâaccomplit dans lâĂ©criture. Pour moi, lâĂ©criture, câest la pensĂ©e ; lâĂ©criture, câest lâanalyse, ce qui en fait une mĂ©thode de dĂ©couverte Ă la fois complexe et sĂ©duisante. Nombre de chercheuses et chercheurs en sciences humaines le savent depuis longtemps, mais câest Richardson qui a introduit cette conception dans la recherche qualitative en sciences sociales. De fait, elle a contribuĂ© Ă dĂ©construire la mĂ©thode plaçant ce concept ordinaire de la recherche qualitative sous rature Spivak, 1974, p. xiv, elle lâa ouvert Ă diffĂ©rents sens. 53Le concept doit certainement ĂȘtre troublĂ©. Il y a deux dĂ©cennies, Barthes Ă©crivait ceci la MĂ©thode devient une Loi », mais la volontĂ© de mĂ©thode [est] finalement stĂ©rile tout est passĂ© dans la mĂ©thode ; il ne reste rien Ă lâĂ©criture » 1984, p. 392. Il faut donc, disait-il, Ă un certain moment se retourner contre la mĂ©thode, ou du moins la traiter sans privilĂšge fondateur, comme lâune des voix du pluriel » ibid., p. 393. En dâautres termes, nous devons interroger les limites que nous avons imposĂ©es au concept de mĂ©thode, sans quoi nous limiterons ses potentialitĂ©s dans la production du savoir. 11 Citation originale resources of the old language, the language we already possess and which pos ... 54Il sâagit lĂ de lâune des leçons du postmodernisme les fondements sont contingents Butler, 1992. En effet, tous les concepts qui dĂ©finissent la recherche qualitative interprĂ©tative traditionnelle, y compris la mĂ©thode, sont contingents. Les postmodernes en ont dâailleurs dĂ©construit plusieurs, dont les donnĂ©es St. Pierre, 1997b, la validitĂ© Lather, 1993 ; Scheurich, 1993, lâinterview Scheurich, 1995, le terrain St. Pierre, 1997c, lâexpĂ©rience Scott, 1991, la voix Finke, 1993 ; Jackson, 2003 ; Lather, 2000, la rĂ©flexivitĂ© Pillow, 2003, le rĂ©cit Nespor et Barylske, 1991 et mĂȘme lâethnographie Britzman,1995 ; Visweswaran, 1994. Cela ne signifie pas que les chercheuses et chercheurs qualitatifs postmodernes rejettent ces concepts en particulier ni dâautres concepts qui ont Ă©tĂ© dĂ©finis de façon spĂ©cifique par le paradigme interprĂ©tativiste. Ils observent plutĂŽt leurs effets sur les personnes et sur la production du savoir, au cours de dĂ©cennies de recherche, et ils les rĂ©inscrivent de diffĂ©rentes maniĂšres qui, bien sĂ»r, doivent elles aussi ĂȘtre interrogĂ©es. Les chercheuses et chercheurs postmodernes ne rejettent pas non plus nĂ©cessairement les mots en eux-mĂȘmes ; ils continuent dâutiliser, par exemple, les mots mĂ©thode et donnĂ©es. Comme le soulignait Spivak, nous devons travailler avec les ressources du langage, câest-Ă -dire le langage que nous possĂ©dons dĂ©jĂ et qui nous possĂšde. Inventer un nouveau mot, câest courir le risque dâoublier le problĂšme ou de croire quâil est rĂ©solu11 » op. cit., p. xv. Nous utilisons donc de vieux concepts, mais nous leur demandons dâeffectuer un travail diffĂ©rent. Il est intĂ©ressant de noter que câest prĂ©cisĂ©ment lâincapacitĂ© du langage Ă fermer le sens du concept qui incite les chercheuses et chercheurs qualitatifs postmodernes Ă critiquer la cohĂ©rence prĂ©sumĂ©e de la structure de la recherche qualitative interprĂ©tative traditionnelle. Pour certaines et certains dâentre nous, la reconnaissance que cette structure est et a toujours Ă©tĂ© contingente est, certainement, une bonne nouvelle. Langage et sens 12 Citation originale word and thing or thought never in fact become one ». 55Richardson sâintĂ©resse au travail du langage dans la premiĂšre partie de ce texte. En ce qui me concerne, je dĂ©cris ici plus en dĂ©tail la relation tĂ©nue entre langage et sens afin de poser les assises de la discussion que je propose ensuite concernant la postinterprĂ©tation dans un monde postinterprĂ©tatif. Nous savons quâun vaste travail de dĂ©construction a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© dans les sciences sociales depuis le tournant linguistique » Rorty, 1964, le tournant postmoderne » Hassan, 1987, la crise de la lĂ©gitimation » Habermas, 1975/1973 et la crise de la reprĂ©sentation » Marcus et Fischer, 1986, chacun reposant sur une conscience dâun langage qui ne sâoublie pas lui-mĂȘme » Barthes, op. cit., p. 393 ou, comme le souligne Trinh, une conscience qui comprend le langage comme langage » 1989, p. 17. Il y a dĂ©jĂ plus de 40 ans, Foucault Ă©crivait que le langage nâest pas ce quâil est parce quâil a un sens » 1966, p. 36, alors que Derrida thĂ©orisait la diffĂ©rance, montrant ainsi que le sens ne peut ĂȘtre fixĂ© dans le langage, quâil est constamment diffĂ©rĂ©. Comme lâexpliquait Spivak, un mot et une chose, ou une pensĂ©e, ne deviennent jamais un dans les faits12 » op. cit., p. xvi ; par consĂ©quent, le langage ne peut ĂȘtre employĂ© en tant que mĂ©dium transparent qui reflĂšte, reprĂ©sente » et contient le monde. 13 Citation originale the interpretive sciences [that] proceed from the assumption that there is a ... 14 Citation originale the thing itself always escapes ». 56LâidĂ©e selon laquelle le sens nâest pas une propriĂ©tĂ© transportable » [portable property] ibid., p. 1vii, câest-Ă -dire que le langage ne peut simplement transporter le sens dâune personne Ă lâautre, Ă©branle la proposition de Husserl pour qui il existerait un niveau de sens prĂ©linguistique un sens pur, un pur signifiĂ©, sens que le langage pourrait exprimer. En cela, les dĂ©marches postmodernes diffĂšrent des sciences interprĂ©tatives, qui procĂšdent de lâhypothĂšse selon laquelle il existe une vĂ©ritĂ© profonde, Ă la fois connue et cachĂ©e, le travail de lâinterprĂ©tation consistant Ă apporter cette vĂ©ritĂ© au discours13 » Dreyfus et Rabinow, 1982, p. 180. Elles Ă©branlent aussi la croyance en lâidĂ©e que la communication rationnelle et exempte dâinterfĂ©rence Habermas, 1984/1981, 1987/1981 â sorte de dialogue transparent pouvant mener au consensus â est possible, mĂȘme souhaitable, alors que le consensus gomme souvent la diffĂ©rence. En outre, la dĂ©claration de Derrida tel que le cite Spivak qui affirme que la chose elle-mĂȘme sâĂ©chappe toujours14 » op. cit., p. 1xix jette un doute radical sur et certains pourraient mĂȘme dire quâelle rend impertinente » lâhypothĂšse hermĂ©neutique selon laquelle nous pouvons, dans les faits, rĂ©pondre Ă la question ontologique Quâest-ce que⊠? », question qui fonde de nombreux travaux dâinterprĂ©tation. 15 Citation originale brut fact or simple reality ». 16 Citation originale human inabity to tolerate undescribed chaos ». 17 Citation originale condemned to meaning ». 18 Citation originale tirĂ©e de la prĂ©face de Gayatri Chakravorty Spivak dans Of grammatology 1974 ... 57Les postmodernes, aprĂšs le tournant linguistique, ont soutenu que lâinterprĂ©tation nâest pas la dĂ©couverte du sens, mais plutĂŽt lâ introduction du sens » [introduction of meaning] Spivak, op. cit., p. xxiii dans le monde. Sâil en est ainsi, nous ne pouvons plus apprĂ©hender les mots comme sâils Ă©taient profondĂ©ment et essentiellement signifiants ni considĂ©rer comme faits bruts ou simples rĂ©alitĂ©s15 » Scott, 1991, p. 26 les expĂ©riences quâils tentent de reprĂ©senter. Dans ce cas, lâinterprĂ©tant doit assumer le fardeau de la fabrication du sens, qui nâest plus une activitĂ© dâexpression neutre relayant simplement le mot au monde. Foucault Ă©crivait par ailleurs que lâinterprĂ©tation nâĂ©claire pas une matiĂšre Ă interprĂ©ter, qui sâoffrirait Ă elle passivement ; elle ne peut que sâemparer, et violemment, dâune interprĂ©tation dĂ©jĂ lĂ , quâelle doit renverser, retourner, fracasser Ă coups de marteau » 1994/1967, p. 571. Cependant, malgrĂ© les dangers de la rage hermĂ©neutique pour la dĂ©couverte du sens, nous interprĂ©tons sans cesse, peut-ĂȘtre en raison de notre incapacitĂ© humaine Ă tolĂ©rer le chaos16 » Spivak, op. cit., p. xxiii. Ă cet Ă©gard, Foucault tel que le citent Dreyfus et Rabinow disait que nous sommes condamnĂ©s au sens17 » op. cit., p. 88. Mais Derrida proposait une autre vision du sens il affirmait que se risquer Ă ne-rien-vouloir-dire, câest entrer dans le jeu, et dâabord dans le jeu de la diffĂ©rance qui fait quâaucun mot, aucun concept, aucun Ă©noncĂ© majeur ne [vient] rĂ©sumer et commander [âŠ] [les] diffĂ©rences » 1972, p. 23-24. Il appelait ce travail de dĂ©construction lâĂ©criture sous rature il sâagit dâ abandonner chaque concept au moment mĂȘme oĂč jâai besoin de lâutiliser18 » 1967, p. xviii. Pour la recherche qualitative, le fait dâimaginer lâĂ©criture comme un abandon de sens, mĂȘme si le sens prolifĂšre, plutĂŽt que comme une recherche et un confinement du sens, comporte des implications Ă la fois convaincantes et profondes. 19 Citation originale How do meanings change? How have some meanings emerged as normative and othe ... 20 Citation originale How does discourse function? Where is it to be found? How does it get produ ... 58De toute Ă©vidence, les chercheuses et chercheurs qualitatifs postmodernes ne peuvent plus considĂ©rer la recherche simplement comme un travail dâinterprĂ©tation du sens permettant de concevoir, de comprendre et dâĂ©lucider dans son entiĂšretĂ© un phĂ©nomĂšne. Comme je lâai mentionnĂ© ci-dessus, cela ne signifie pas quâils rejettent le sens, mais plutĂŽt quâils remettent le sens Ă sa place. Ils se dĂ©tournent de questions telles que Quâest-ce que ceci ou cela signifie ? » pour se concentrer sur des questions comme celles posĂ©es par Scott Comment les sens changent-ils ? Comment certains sens se sont-ils avĂ©rĂ©s normatifs, alors que dâautres ont Ă©tĂ© Ă©clipsĂ©s ou sont disparus ? Quâest-ce que ces processus rĂ©vĂšlent sur la façon dont le pouvoir est constituĂ© et fonctionne ?19 » 1988, p. 35. BovĂ© offre des questions supplĂ©mentaires, et je suggĂšre que nous puissions substituer nâimporte quel objet de savoir le mariage, la subjectivitĂ©, lâappartenance ethnique, par exemple au mot discours dans ce qui suit Comment fonctionne le discours ? OĂč se trouve-t-il ? Comment est-il produit et rĂ©gulĂ© ? Quels sont ses effets sociaux ? Comment existe-t-il ?20 » 1990, p. 54. 21 Dans le texte, citation tirĂ©e de Racevskis 1987. 22 Citation originale producing different knowledge and producing knowledge differently ». 59Puisque Richardson et moi aimons particuliĂšrement Ă©crire, nous nous sommes posĂ© toutes ces questions sur lâĂ©criture, et nous en avons posĂ© une autre, que nous estimons provocante quâest-ce que lâĂ©criture peut faire dâautre que signifier ? Deleuze et Guattari nous orientent lorsquâils affirment quâ Ă©crire nâa rien Ă voir avec signifier, mais avec arpenter, cartographier, mĂȘme des contrĂ©es Ă venir » 1980, p. 11. En ce sens, lâĂ©criture devient un terrain de jeu » Richardson, 1997 dans lequel nous pouvons desserrer lâemprise du sens reçu, qui limite notre travail et nos vies, et Ă©tudier dans quelle mesure lâexercice de penser sa propre histoire peut affranchir la pensĂ©e de ce quâelle pense silencieusement pour lui permettre de penser autrement21 » Foucault, 1984a, p. 15. Le tournant linguistique et la critique postmoderne de lâinterprĂ©tativisme ouvrent le concept dâĂ©criture et nous permettent de lâutiliser comme mĂ©thode de recherche, une condition de possibilitĂ© permettant de produire des connaissances diffĂ©rentes et de produire des connaissances diffĂ©remment22 » St. Pierre, 1997b, p. 175. Ăcrire sous rature une politique et une Ă©thique de la difficultĂ© 60Alors, quel pourrait ĂȘtre le travail de lâĂ©criture en tant que mĂ©thode dans la recherche qualitative postmoderne ? Ă quoi pourrait ressembler lâĂ©criture sous rature, et comment, Ă son tour, une telle Ă©criture pourrait-elle réécrire la recherche elle-mĂȘme ? Mes propres expĂ©riences Ă cet Ă©gard ont Ă©mergĂ© dâun projet de recherche qualitative postmoderne Ă long terme, qui reposait sur des entretiens avec 36 femmes blanches ĂągĂ©es du Sud, habitant dans ma ville natale, et sur une ethnographie de la petite communautĂ© rurale dans laquelle elles vivent St. Pierre, 1995. Je tiens Ă rappeler que cette recherche nâĂ©tait pas conçue pour accomplir un travail dâinterprĂ©tation, câest-Ă -dire pour rĂ©pondre aux questions Qui sont ces femmes ? » et Que sont-elles ? ». Je nâai jamais prĂ©sumĂ© que jâarriverais Ă connaĂźtre ou Ă comprendre ces femmes â Ă dĂ©couvrir leur voix authentique et leur nature essentielle, puis Ă les reprĂ©senter par une description riche et dĂ©taillĂ©e. Je me suis plutĂŽt donnĂ© comme double tĂąche 1 dâutiliser le postmodernisme pour Ă©tudier la subjectivitĂ© en mobilisant lâanalyse Ă©thique de Foucault 1984a, 1984b, le souci de soi, câest-Ă -dire pour explorer les arts de lâexistence » ou les pratiques de soi » que ces femmes ont utilisĂ©s au cours de leur longue vie dans la construction de leur subjectivitĂ© ; et 2 dâutiliser le postmodernisme pour interroger la mĂ©thodologie traditionnelle de recherche qualitative, laquelle est Ă mon sens gĂ©nĂ©ralement Ă la fois positiviste et interprĂ©tative. 61Aussi, puisque je me considĂšre moi-mĂȘme comme une Ă©crivaine â merci Ă Richardson il aura fallu une sociologue pour apprendre Ă Ă©crire Ă une professeure dâanglais â, jâai choisi dĂšs le dĂ©part dâutiliser lâĂ©criture comme mĂ©thode de recherche dans ces deux sens, au moins 1 je considĂ©rerais lâĂ©criture comme une mĂ©thode de collecte de donnĂ©es au mĂȘme titre que, par exemple, les entretiens et lâobservation ; et 2 je considĂ©rerais lâĂ©criture comme une mĂ©thode dâanalyse des donnĂ©es au mĂȘme titre que, par exemple, les activitĂ©s traditionnelles â et que je considĂšre comme structurelles et positivistes â dâinduction analytique, de comparaison constante, de codage, de tri et de catĂ©gorisation des donnĂ©es, etc. Il semble clair, dĂ©sormais, que la cohĂ©rence du concept de mĂ©thode, apprĂ©hendĂ© dans une perspective positiviste et/ou interprĂ©tativiste, est rompue, le concept Ă©tant investi de ces sens multiples. En somme, les efforts pour maintenir son unitĂ© pourraient demeurer vains. En effet, jâespĂšre que dâautres suivront mon exemple et imagineront de nouvelles utilisations de lâĂ©criture comme mĂ©thode de recherche. Je souligne par ailleurs que les deux mĂ©thodes Ă©voquĂ©es ci-dessus ne sont pas distinctes. Faire une telle distinction reviendrait Ă demeurer dans les limites de la structure de la recherche qualitative traditionnelle, qui sĂ©pare souvent la collecte des donnĂ©es de leur analyse. NĂ©anmoins, je maintiens temporairement cette distinction par souci de clartĂ©. 62Dans ma recherche, jâai utilisĂ© lâĂ©criture comme mĂ©thode de collecte de donnĂ©es en rassemblant, câest-Ă -dire en recueillant â dans lâĂ©criture â, toutes sortes de donnĂ©es que je nâavais jamais vues dans les manuels dâinterprĂ©tation qualitative, dont certaines que jâai nommĂ©es donnĂ©es de rĂȘve, donnĂ©es sensuelles, donnĂ©es Ă©motionnelles, donnĂ©es dâinterprĂ©tation situĂ©e [response data] St. Pierre, 1997b et donnĂ©es de mĂ©moire St. Pierre, 1995. Ces donnĂ©es peuvent inclure, par exemple, un rĂȘve agaçant Ă propos dâune entrevue insatisfaisante ; lâangle oblique du soleil du Sud vers lequel mon corps sâest tournĂ© avec bonheur ; mon chagrin lorsque jâai lu la notice nĂ©crologique de lâune de mes participantes ; le commentaire troublant de ma mĂšre qui me reprochait dâavoir fait une erreur ; et des souvenirs du futur » trĂšs rĂ©els Deleuze, 2004/1986, p. 114, dâune Ă©poque tristement privĂ©e de ces femmes et dâautres femmes de leur gĂ©nĂ©ration. Ces donnĂ©es ne figuraient ni dans mes transcriptions dâentretiens ni dans mes notes de terrain, lĂ oĂč les donnĂ©es sont censĂ©es se trouver en effet, comment peut-on textualiser » tout ce que lâon pense et ressent au cours dâune recherche ? Mais elles Ă©taient toujours dĂ©jĂ dans mon esprit et dans mon corps, et elles sont apparues de maniĂšre Ă la fois inattendue et appropriĂ©e dans mes Ă©crits â des donnĂ©es fugitives, passagĂšres, excessives et hors catĂ©gorie. Ce que je veux dire, ici, câest que ces donnĂ©es auraient pu mâĂ©chapper complĂštement si je nâavais pas Ă©crit ; elles nâont Ă©tĂ© recueillies quâĂ travers lâĂ©criture. 63Jâai utilisĂ© lâĂ©criture comme mĂ©thode dâanalyse des donnĂ©es en ce sens que je lâai utilisĂ©e pour penser ; jâai Ă©crit pour entrer dans des espaces particuliers, des espaces auxquels je nâaurais pu accĂ©der si jâavais triĂ© les donnĂ©es avec un programme informatique ou par induction analytique. Il sâagit dâun travail rhizomatique Deleuze et Guattari, op. cit. dans lequel jâai Ă©tabli des connexions accidentelles et fortuites que je ne pouvais ni prĂ©voir ni contrĂŽler. Ainsi, je nâai pas limitĂ© lâanalyse aux pratiques traditionnelles de codage des donnĂ©es, puis de tri en catĂ©gories que jâaurais ensuite regroupĂ©es en thĂšmes, lesquels seraient devenus des titres de section dans un plan qui aurait organisĂ© et rĂ©gi mon Ă©criture avant mĂȘme lâĂ©criture. La rĂ©flexion sâest dĂ©ployĂ©e dans lâĂ©criture. Ă mesure que jâĂ©crivais, je voyais apparaĂźtre et se succĂ©der des mots sur lâĂ©cran de lâordinateur â des idĂ©es, des thĂ©ories â auxquels je nâavais pas pensĂ© avant de les Ă©crire. Il mâest arrivĂ© dâĂ©crire quelque chose de si formidable que jâen ai Ă©tĂ© surprise. Je doute quâune telle pensĂ©e aurait pu Ă©merger par la seule rĂ©flexion. 64Et câest en abordant lâĂ©criture de cette maniĂšre que lâon brise la distinction, dans la recherche qualitative traditionnelle, entre la collecte et lâanalyse des donnĂ©es câest lĂ un nouvel assaut contre la structure. Les deux se produisent simultanĂ©ment. Au fur et Ă mesure que les donnĂ©es sont collectĂ©es dans lâĂ©criture â lorsque la chercheuse pense Ă /Ă©crit Ă propos de lâidĂ©e de sa professeure de latin selon laquelle nous devrions nous Ă©panouir dans lâadversitĂ© ; un chĂąle en vison drapĂ© Ă©lĂ©gamment sur des Ă©paules droites et vieillissantes ; le goĂ»t sucrĂ© et salĂ© de minuscules biscuits au jambon de pays ; toutes les autres choses de sa vie qui semblent sans rapport avec son projet de recherche, mais qui sây libĂšrent totalement â, elle produit des transitions Ă©tranges et merveilleuses dâun mot Ă lâautre, dâune phrase Ă lâautre, de la pensĂ©e Ă lâimpensĂ©. La collecte et lâanalyse des donnĂ©es sont indissociables lorsque lâĂ©criture est une mĂ©thode de recherche. Et les concepts positivistes tels que les pistes de vĂ©rification et la saturation des donnĂ©es deviennent absurdes, et non pertinents, dans le cadre dâune recherche qualitative postmoderne oĂč lâĂ©criture est un terrain de jeu oĂč tout peut arriver â et finit par arriver. 65Il y a beaucoup de questions auxquelles il faut rĂ©flĂ©chir, alors que la recherche qualitative traditionnelle se dĂ©fait â dans ce cas-ci, alors que lâĂ©criture dĂ©construit le concept de mĂ©thode, faisant prolifĂ©rer son sens et faisant dĂšs lors sâeffondrer la structure qui reposait sur son unitĂ©. Mais comment Ă©crire » aprĂšs le tournant linguistique ? Les chercheuses et chercheurs qualitatifs postmodernes ont Ă©tĂ© courageux et inventifs Ă cet Ă©gard. Richardson a identifiĂ© et dĂ©crit cette Ă©criture Ă la fois comme une Ă©criture expĂ©rimentale » Richardson, 1994 et comme une ethnographie CAP » Richardson, 2000. Bien sĂ»r, il nây a pas de modĂšle pour ce travail, puisque chaque chercheuse, chaque chercheur et chaque recherche requiĂšrent une Ă©criture singuliĂšre. Je peux malgrĂ© tout raconter briĂšvement une petite histoire dâĂ©criture Ă propos de mes propres aventures avec la postreprĂ©sentation. 66Comme je lâai mentionnĂ© ci-dessus, dans ma recherche sur les femmes ĂągĂ©es de ma ville natale, jâai entrepris dâĂ©tudier la subjectivitĂ© et la recherche qualitative au moyen dâanalyses poststructuralistes. Ma tĂąche consistait Ă dĂ©construire la structure prĂ©sumĂ©e unifiĂ©e de la femme autonome, consciente et cultivĂ©e, qui serait livrĂ©e Ă la lectrice ou au lecteur par une description riche et dense, de mĂȘme que la structure prĂ©sumĂ©e rationnelle et cohĂ©rente de la recherche qualitative traditionnelle, qui garantirait une connaissance vĂ©ritable des femmes. Nâayant jamais lu de manuel qualitatif postmoderne, jâai dâabord essayĂ© de faire entrer de force â sans succĂšs â la mĂ©thodologie postmoderne dans la grille de la recherche qualitative interprĂ©tative/positiviste. Lorsque lâinadĂ©quation est devenue apparente, puis absurde, jâai commencĂ© Ă dĂ©construire cette structure pour faire de la place Ă la diffĂ©rence. 23 NDT. Il est ici question dâune rĂ©plique du thriller amĂ©ricain The Marathon Man dans lequel Laurence ... 24 Citation originale old promise of representation ». 67Au mĂȘme moment, jâai commencĂ© Ă ressentir une rĂ©ticence littĂ©raire Ă lâidĂ©e de dĂ©crire » ou de reprĂ©senter mes participantes et dâencourager ainsi une certaine forme dâidentification sentimentale. AprĂšs tout, câĂ©tait la subjectivitĂ©, et non les femmes elles-mĂȘmes, qui constituait lâobjet de ma recherche. Je suis devenue mĂ©fiante envers lâhypothĂšse pas-si-innocente » de lâinterprĂ©tativisme selon laquelle les femmes devaient ĂȘtre forĂ©es et exploitĂ©es pour le savoir Qui sont-elles ? Quâest-ce que cela signifie ? » et, par lĂ , reprĂ©sentĂ©es. Cela ne semblait pas ĂȘtre le type de relation Ă©thique que ces femmes, qui mâavaient enseignĂ© comment ĂȘtre une femme, exigeaient de moi. Je me souviens ici dâun commentaire dâAnthony Lane, critique de films pour le New Yorker, qui disait quâau lieu de se demander si le film de David Lynch Mulholland Drive a un sens Quâest-ce que cela signifie ? », les spectatrices et spectateurs devraient se demander ce que Laurence Olivier a un jour demandĂ© Ă Dustin Hoffman Est-ce sans risque ? »23 Lane, 2001. Dans la recherche interprĂ©tative, nous postulons que la reprĂ©sentation est possible, mĂȘme si elle est risquĂ©e. Nous nous y risquons donc, formulant nĂ©anmoins de nombreux avertissements anxieux. Dans la recherche postmoderne, nous pensons que la reprĂ©sentation nâest pas possible et que toute dĂ©marche en ce sens est risquĂ©e. Câest pourquoi nous dĂ©plaçons donc entiĂšrement lâattention ; en ce qui me concerne, je la dĂ©place des femmes vers la subjectivitĂ©. Nous nous mĂ©fions de plus en plus de la vieille promesse de la reprĂ©sentation24 » Britzman, op. cit., p. 234 et, avec Pillow op. cit., nous remettons en question une science dont le but est la reprĂ©sentation. 25 Citation originale runs to meet the reader ». 68Dans mon propre travail, jâai dĂ©veloppĂ© une certaine incompĂ©tence et une sous-performance dâĂ©crivaine je suis incapable dâĂ©crire un texte qui se prĂ©cipite Ă la rencontre [de la lectrice et] du lecteur25 » Sommer, 1994, p. 530, un texte rĂ©confortant Lather et Smithies, 1997 qui satisfait Ă la prĂ©tention interprĂ©tative de connaĂźtre les femmes. PlutĂŽt que dâĂȘtre pour moi une impasse Ă©pistĂ©mologique » Sommer, ibid., p. 532 les femmes comme objets que lâon pourrait connaĂźtre, les femmes sont une ligne de fuite qui mâamĂšne ailleurs les femmes comme provocatrices. Il ne sâagit pas de nier lâimportance de ces femmes ni de prĂ©tendre quâelles ne figurent pas dans mes textes, puisquâelles sont partout. Mais je fais un geste vers elles de maniĂšre oblique dans mes Ă©crits en relatant, par exemple, lâune de nos conversations malaisantes qui sâest transformĂ©e en une confusion splendide et productive sur la subjectivitĂ© ou en racontant comment elles ont insistĂ© pour que je me questionne sur ce quâelles envisagent comme un paradoxe de la mĂ©thodologie. Et quand une personne me demande de lui raconter une histoire sur ces femmes, je lui en raconte une captivante, et si elle mâen demande une autre, je lui dis Va rencontrer tes propres femmes ĂągĂ©es et parle avec elles. Elles ont des histoires Ă raconter, et ces histoires changeront ta vie ». 69NĂ©anmoins, jâaspire Ă Ă©crire sur ces femmes plus ĂągĂ©es qui meurent, meurent et meurent⊠et je le ferai un jour, malgrĂ© mes craintes, mais seulement aprĂšs avoir affrontĂ© cette question postreprĂ©sentationnelle quâest-ce que lâĂ©criture peut faire dâautre que signifier ? Cette Ă©criture impliquera une politique et une Ă©thique de la difficultĂ© qui, dâune part, ne peuvent ĂȘtre accomplies que si jâĂ©cris, mais qui, dâautre part, ne peuvent ĂȘtre accomplies sur la base de tout ce que je sais dĂ©jĂ sur lâĂ©criture. Il nây a pas de rĂšgle pour lâĂ©criture postreprĂ©sentationnelle ; il nâexiste aucune autoritĂ© vers laquelle se tourner pour obtenir du rĂ©confort. 26 Citation originale I do not know, but I do know that we cannot go back to where we were ». 70Quâest-ce que le postmodernisme a fait Ă la recherche qualitative ? Je suis dâaccord avec la rĂ©ponse de Richardson Ă cette question Je ne sais pas, mais je sais que nous ne pouvons pas retourner lĂ oĂč nous Ă©tions26 » 1994, p. 524. Ou, comme lâont dit Deleuze et Parnet, peut-ĂȘtre comprendrons-nous que rien nâa changĂ©, et pourtant tout a changĂ© » op. cit., p. 154. Je reviens aux critĂšres que Richardson a Ă©tablis pour Ă©valuer des textes ethnographiques postmodernes. LâĂ©criture que jâĂ©voque ici â lâĂ©criture sous rature â apporte-t-elle une contribution substantielle ; a-t-elle une valeur esthĂ©tique ; dĂ©montre-t-elle une rĂ©flexivitĂ© ; quelle portĂ©e a-t-elle ; peut-elle reflĂ©ter lâexpĂ©rience vĂ©cue ? Je crois que câest possible. Mais plus important encore, lâĂ©criture comme mĂ©thode de recherche nous porte Ă travers nos seuils, vers une destination inconnue, pas prĂ©visible, pas prĂ©existante » Deleuze et Parnet, ibid., p. 152, peut-ĂȘtre mĂȘme vers la promesse spectaculaire de ce que Derrida appelait la dĂ©mocratie Ă venir » 1993, p. 143, une promesse que ceux qui travaillent pour la justice sociale ne peuvent ignorer. Je pense souvent Ă cette dĂ©mocratie, puisquâelle offre la possibilitĂ© dâĂ©tablir des relations diffĂ©rentes â des relations plus gĂ©nĂ©reuses que celles que je connais, des relations fertiles dans lesquelles les gens sâĂ©panouissent. 27 NDT. ConsidĂ©rant que les versions anglaise et française de lâouvrage ne correspondent pas, nous avo ... 28 NDT. ConsidĂ©rant que les versions anglaise et française de lâouvrage ne correspondent pas, nous avo ... 71Le paradoxe, cependant, est que cette dĂ©mocratie ne se prĂ©sentera jamais sous la forme dâune pleine prĂ©sence27 » Derrida, 1993, p. 65, mais quâelle exige que nous nous prĂ©parions Ă son arrivĂ©e. Derrida affirmait quâelle repose sur lâidĂ©e quâil faut offrir lâhospitalitĂ© absolue » Ă une altĂ©ritĂ© qui ne peut ĂȘtre anticipĂ©e28 » ibid., p. 65 et Ă laquelle nous ne demandons rien en retour. Ainsi, la mise en place de la dĂ©construction dans la dĂ©mocratie Ă venir est ancrĂ©e dans nos relations avec lâautre. En recherche qualitative postmoderne, les possibilitĂ©s de rencontres justes et Ă©thiques avec lâaltĂ©ritĂ© se produisent non seulement dans le champ de lâactivitĂ© humaine, mais aussi dans le champ du texte, dans notre Ă©criture. Dans ces espaces qui se chevauchent, nous nous prĂ©parons Ă une dĂ©mocratie qui nâa pas de modĂšle, Ă une justice postjuridique qui est toujours contingente, qui dĂ©pend toujours de lâaffaire en cours et qui doit ĂȘtre effacĂ©e dĂšs lors quâelle est produite. Se complaire dans lâidĂ©e dâune justice et dâune vĂ©ritĂ© transcendantales, dâun sens profond qui, pensons-nous, nous sauvera, relĂšve peut-ĂȘtre dâun manque de courage, celui dont nous avons besoin pour penser et vivre au-delĂ de nos fictions nĂ©cessaires. 29 Citation originale what happens when we cannot apply the rules ». 30 Citation originale that is not the moment of security or of cognitive certainty. Quite the cont ... 31 Citation originale no grounds, no alibis, no elsewhere to which we might refer the instance of ... 72LâĂ©thique sous la dĂ©construction est donc sans fondement ; elle est ce qui se passe quand nous ne pouvons pas appliquer les rĂšgles29 » Keenan, 1997, p. 1. Cette Ă©thique de la difficultĂ© sâarticule autour dâune responsabilitĂ© complexe envers lâautre, qui nâest pas un moment de sĂ©curitĂ© ni de certitude cognitive. Bien au contraire la seule responsabilitĂ© digne de ce nom procĂšde du retrait des rĂšgles ou des connaissances sur lesquelles nous aimerions compter pour prendre nos dĂ©cisions Ă notre place30 » ibid.. LâĂ©vĂ©nement Ă©thique se produit lorsque nous nâavons plus aucun motif, aucun alibi, aucun ailleurs auquel nous pourrions renvoyer lâinstance de nos dĂ©cisions31 » ibid.. En ce sens, nous serons toujours non prĂ©parĂ©s Ă ĂȘtre Ă©thiques ». Plus encore, la suppression des fondements et du sens originel, qui nâĂ©taient dĂ©jĂ que des fictions, laisse simplement tout tel quel, câest-Ă -dire sans ces marqueurs de certitude sur lesquels nous comptions pour demeurer intacts face Ă notre responsabilitĂ© textuelle. DĂšs lors, comment continuer ? Comment poursuivre notre travail et notre vie ? 73Deleuze soutenait que les Ă©vĂ©nements de notre vie â et dans cet essai, je pense prĂ©cisĂ©ment Ă toutes ces relations Ă lâautre que permet la recherche qualitative â nous encouragent Ă ĂȘtre leur Ă©gal en nous incitant nous-mĂȘmes Ă exceller, Ă ĂȘtre le plus parfait possible. Ou bien la morale nâa aucun sens, ou bien câest cela quâelle veut dire, elle nâa rien dâautre Ă dire ne pas ĂȘtre indigne de ce qui nous arrive » 1969, p. 174. LâĂ©vĂ©nement nous appelle donc Ă ĂȘtre dignes Ă lâinstant mĂȘme de la dĂ©cision, quand ce qui arrive est tout ce qui existe â alors que le sens arrivera toujours trop tard pour nous sauver. Au bord de lâabĂźme, nous marchons sans rĂ©serve vers lâautre. Câest la dĂ©construction Ă son meilleur et, je crois, la condition de la dĂ©mocratie Ă venir de Derrida. Cette dĂ©mocratie appelle une croyance dans le monde » Deleuze, 1990, p. 239 renouvelĂ©e qui, je lâespĂšre, permettra des relations moins appauvries que celles que nous avons imaginĂ©es et vĂ©cues jusquâici. Comme je lâai dit ci-dessus, la dĂ©construction sâaccomplit dĂ©jĂ par le travail des chercheuses et chercheurs qualitatifs postmodernes dans tous les domaines oĂč ils travaillent. 74En ce qui me concerne, je lutte tous les jours pour demeurer digne des femmes ĂągĂ©es de ma ville natale, qui continuent Ă mâenseigner lâĂ©thique. Vous avez peut-ĂȘtre lâimpression que je nâĂ©cris pas Ă leur sujet dans cet essai, mais je vous assure quâelles vous parlent dans chaque mot que vous lisez. Ruminer et Ă©crire Ă propos de ce dĂ©sir de les voir prĂ©sentes dans ce texte et dans dâautres textes que je pourrai Ă©crire, de ce dĂ©sir de sens, accapare une grande partie de mon Ă©nergie. Mais je fais confiance Ă lâĂ©criture et je sais quâun matin, je me rĂ©veillerai et jâĂ©crirai Ă propos de ces femmes dâune maniĂšre que je ne peux encore imaginer. JâespĂšre que vous ferez de mĂȘme, que vous utiliserez lâĂ©criture comme une mĂ©thode de recherche pour entrer dans votre propre impossibilitĂ©, lĂ oĂč tout peut arriver â et oĂč tout arrivera ! Partie 3 pratiques dâĂ©criture Laurel Richardson 32 Citation originale Writing, the creative effort, should come first â at least for some part of ... Ăcrire, lâeffort crĂ©atif, devrait primer â au moins pour certains pans de ton quotidien. Câest une merveilleuse bĂ©nĂ©diction si tu y fais appel. Tu deviendras plus heureux, Ă©clairĂ©, vivant, passionnĂ©, joyeux, et plus gĂ©nĂ©reux envers les autres. MĂȘme ta santĂ© sâamĂ©liora. Les rhumes disparaĂźtront et toute autre affection de dĂ©couragement et dâennui32 Ueland, 1987/1938. 75Dans ce qui suit, je propose quelques façons dâutiliser lâĂ©criture comme mĂ©thode pour connaĂźtre ». Jâai retenu des exercices qui ont Ă©tĂ© utiles aux Ă©tudiantes et Ă©tudiants parce quâils permettent de dĂ©mystifier lâĂ©criture, quâils nourrissent la voix de la chercheuse ou du chercheur et servent le processus de dĂ©couverte de soi, du monde et des enjeux de justice sociale. Jâaimerais aussi pouvoir affirmer avec certitude que ces exercices nous gardent en bonne santĂ©. MĂ©taphore 76Les vieilles mĂ©taphores usĂ©es, bien que faciles et plaisantes Ă utiliser, deviennent avec le temps lourdes et indigestes. Plus rigide vous devenez, moins flexible vous ĂȘtes. Vos idĂ©es en viennent Ă ĂȘtre ignorĂ©es. Si votre Ă©criture est clichĂ©e, vous nâirez pas au-delĂ de votre imagination » AĂŻe ! Le clichĂ© qui pointe vers le clichĂ© ! et vous lasserez les gens. Dans lâĂ©criture scientifique traditionnelle en sciences sociales, la mĂ©taphore de la thĂ©orie est le bĂątiment » par exemple, une structure, une fondation, une construction, une dĂ©construction, un cadre, une grandeur voir lâexcellent livre de Lakoff et Johnson, 1980. Envisagez une autre mĂ©taphore, par exemple la thĂ©orie comme tapisserie », la thĂ©orie comme maladie », la thĂ©orie comme rĂ©cit » ou la thĂ©orie comme action sociale ». RĂ©digez un paragraphe sur la thĂ©orie » en utilisant votre mĂ©taphore. Faire appel Ă cette mĂ©taphore inusitĂ©e pour thĂ©oriser vous fait-il voir et sentir diffĂ©remment ? Voulez-vous que votre thĂ©orie sâinsĂšre autrement dans le monde social ? Voulez-vous que votre thĂ©orie affecte le monde ? Prenez lâun de vos articles et soulignez les mĂ©taphores et les images utilisĂ©es. Quâaffirmez-vous au travers de ces mĂ©taphores que vous nâaviez pas rĂ©alisĂ© affirmer ? QuâĂȘtes-vous en train de rĂ©inscrire ? Souhaitez-vous le faire ? Pouvez-vous trouver dâautres mĂ©taphores qui modifieraient votre façon de voir percevoir le matĂ©riel et votre rapport Ă ce matĂ©riel ? Vos mĂ©taphores composĂ©es font-elles Ă©tat de votre propre confusion ou du fait que les sciences sociales font abstraction de certaines idĂ©es ? En quoi vos mĂ©taphores Ă la fois rĂ©inscrivent les iniquitĂ©s sociales et leur rĂ©sistent ? Formats dâĂ©criture Choisissez un article de pĂ©riodique qui exemplifie les principales conventions dâĂ©criture de votre discipline. Comment lâargumentaire est-il prĂ©sentĂ© ? Qui en est le public prĂ©sumĂ© ? Comment lâarticle reproduit-il une idĂ©ologie ? De quelle façon la personne positionne-t-elle son autoritĂ© par rapport au matĂ©riel ? OĂč se trouve lâautrice ou lâauteur ? OĂč vous trouvez-vous dans cet article ? Qui sont les sujets et les objets Ă lâĂ©tude ? Choisissez un Ă©crit que vous avez rĂ©digĂ© dans le cadre dâun cours ou pour une publication et que vous jugez particuliĂšrement rĂ©ussi. De quelle façon avez-vous suivi les normes propres Ă votre discipline ? Aviez-vous conscience de le faire ? Quelles parties du texte a louangĂ©es la personne qui a Ă©valuĂ© votre travail ? Avez-vous Ă©ludĂ© certaines parties plus difficiles en Ă©tant vague, en utilisant un jargon, en faisant appel Ă une autoritĂ©, aux normes dâĂ©criture scientifique et/ou en ayant recours Ă dâautres tactiques rhĂ©toriques ? Quelles voix avez-vous exclues ? Ă qui sâadresse votre texte ? 77OĂč se situent les sujets dans votre travail ou votre article ? Et vous ? Comment vous sentez-vous par rapport Ă votre travail ou Ă votre article Ă prĂ©sent ? Comment vous sentez-vous par rapport au processus de construction de cet Ă©crit ? Pratiques dâĂ©criture crĂ©ative et analytique Joignez-vous Ă un groupe dâĂ©criture ou lancez-en un. Il pourrait sâagir dâun groupe de soutien Ă lâĂ©criture, dâun groupe dâĂ©criture crĂ©ative, dâun groupe de poĂ©sie, dâun groupe de dissertations, dâun groupe de mĂ©moires, quelque chose du genre sur lâĂ©criture de dissertations et dâarticles, voir Becker, 1986 ; Fox, 1985 ; Richardson, 1990 ; Wolcott, 1990. Travaillez Ă un guide dâĂ©criture crĂ©ative pour quelques excellents guides, voir Goldberg, 1986 ; Hills, 1987 ; Metzger, 1992 ; Ueland, op. cit.. Inscrivez-vous Ă un cours ou Ă un atelier dâĂ©criture crĂ©ative. Ces expĂ©riences sont bĂ©nĂ©fiques tant pour des chercheuses et chercheurs qui dĂ©butent que pour celles et ceux qui ont de lâexpĂ©rience. Voyez lâutilisation des cahiers de notes de terrain comme une occasion dâenrichir votre vocabulaire dâĂ©criture, vos habitudes de raisonnement et votre capacitĂ© de porter attention Ă vos perceptions, et voyez-le comme un rempart contre lâimplacable voix de la science. Nây a-t-il pas meilleur moyen que le processus de recherche pour dĂ©velopper le sens de soi â sa voix ?! Quel meilleur espace que vos cahiers de notes pour expĂ©rimenter diffĂ©rents points de vue â regarder le monde selon la perspective dâautrui ! Tenez un journal. Ăcrivez des rĂ©cits dâĂ©criture, câest-Ă -dire des rĂ©cits de recherche. 33 English classes » dans le texte. Ăcrivez une autobiographie dâĂ©criture. Il sâagirait du rĂ©cit de la façon dont vous avez appris Ă Ă©crire, des dictats des cours de français33 les phrases-thĂšmes, les grandes lignes, les essais de cinq paragraphes ?, des dictats de professeures et professeurs en sciences sociales, de comment et dâoĂč vous Ă©crivez Ă prĂ©sent, de vos besoins dâĂ©criture » idiosyncrasiques, de vos sentiments par rapport Ă lâĂ©criture et au processus dâĂ©criture et/ou de votre rĂ©sistance Ă lâĂ©criture impartiale ». Il sâagit dâun exercice utilisĂ© par Arthur Bochner. Si vous souhaitez faire des expĂ©riences avec lâĂ©criture Ă©vocatrice, une bonne façon de commencer est de transformer vos cahiers de notes en piĂšces de théùtre. Voyez quelles rĂšgles ethnographiques vous utilisez par exemple, rester fidĂšle aux paroles des personnes participantes, Ă lâordre des tours de parole et des Ă©vĂ©nements et quelles rĂšgles littĂ©raires vous convoquez par exemple, limiter le temps de parole des intervenantes et intervenants, laisser lâ intrigue » progresser, dĂ©velopper le personnage Ă travers les actions. Ăcrire des piĂšces de théùtre accentue les considĂ©rations Ă©thiques. Si vous avez des doutes, voyez la diffĂ©rence entre une Ă©criture typique » dâun Ă©vĂ©nement ethnographique et une Ă©criture théùtrale de ce mĂȘme Ă©vĂ©nement, dans laquelle vous et vos hĂŽtes tenez des rĂŽles jouĂ©s devant public. Ă qui appartiennent les mots exprimĂ©s ? Comment cette reconnaissance est-elle attribuĂ©e ? Que faire si des personnes nâaiment pas la façon dont elles sont personnifiĂ©es ? Des normes de courtoisie sont-elles violĂ©es ? RĂ©digez des essais Ă la fois avec une version orale et une version Ă©crite de votre piĂšce. Faites lâexpĂ©rience de lâĂ©criture en transformant une entrevue en profondeur en une reprĂ©sentation poĂ©tique. Tentez dâutiliser les mots, les rythmes, les façons de parler, les respirations, les pauses, la syntaxe et la diction de la personne interviewĂ©e. OĂč vous situez-vous dans le poĂšme ? Que savez-vous de la personne interviewĂ©e et de vous que vous ne connaissiez pas avant dâĂ©crire ce poĂšme ? Quels procĂ©dĂ©s poĂ©tiques avez-vous sacrifiĂ©s au nom de la science ? Ăcrivez un texte stratifiĂ© » [layered-text] voir Lather et Smithies, op. cit. ; Ronai, 1995. Le texte stratifiĂ© est une stratĂ©gie permettant de vous insĂ©rer dans le texte tout en insĂ©rant celui-ci dans les diffĂ©rentes littĂ©ratures et traditions des sciences sociales. Voici une possibilitĂ© dâabord, rĂ©digez un court rĂ©cit de soi Ă propos dâun Ă©vĂ©nement particuliĂšrement significatif pour vous ; prenez du recul et regardez le rĂ©cit selon votre perspective disciplinaire ; ajoutez ensuite Ă votre rĂ©cit dĂ©but, sections intermĂ©diaires, fin, peu importe des affirmations analytiques ou des rĂ©fĂ©rences en utilisant une police de caractĂšre diffĂ©rente, une mise en forme diffĂ©rente, en divisant la page ou en balisant le texte autrement. Les couches peuvent ĂȘtre multiples, avec plusieurs façons de souligner les niveaux thĂ©oriques, les thĂ©ories, les intervenantes et intervenants, ainsi de suite. Il sâagit dâun exercice utilisĂ© par Carolyn Ellis. Utilisez une autre stratĂ©gie dâĂ©criture pour dĂ©velopper une nouvelle forme dâethnographie destinĂ©e Ă des publications en sciences sociales. Produisez un texte transparent » dans lequel la littĂ©rature, la thĂ©orie et les mĂ©thodes prĂ©cĂ©dentes sont insĂ©rĂ©es de maniĂšre significative sur le plan textuel plutĂŽt quâorganisĂ©es dans des sections distinctes pour un trĂšs bon exemple, voir Bochner, 1997. Essayez le texte sandwich », dans lequel les thĂšmes traditionnels des sciences sociales renvoient au pain blanc » qui entoure la garniture » Ellis et Bochner, op. cit., ou un Ă©pilogue » expliquant le travail thĂ©orique et analytique du texte crĂ©atif voir Eisner, citĂ© dans Saks, 1996. ConsidĂ©rez le cadre dâun terrain. ConsidĂ©rez les diffĂ©rentes positions que vous occupez ou avez occupĂ©es dans cet espace, par exemple dans un magasin oĂč vous seriez vendeuse ou vendeur, cliente ou client, gĂ©rante ou gĂ©rant, fĂ©ministe, capitaliste, parent ou enfant. Ăcrivez dâabord Ă propos du cadre ou Ă propos dâun Ă©vĂ©nement se dĂ©roulant dans ce cadre Ă partir de diffĂ©rentes postures. Quâest-ce que ces diffĂ©rentes postures vous permettent de savoir ? Ensuite, laissez les points de vue dialoguer entre eux. Quâest-ce que ces dialogues vous permettent de dĂ©couvrir ? Que dĂ©couvrez-vous Ă travers ces dialogues ? Quâapprenez-vous concernant les iniquitĂ©s sociales ? Ăcrivez vos donnĂ©es » de trois maniĂšres diffĂ©rentes, par exemple un compte rendu narratif, une reprĂ©sentation poĂ©tique et un scĂ©nario de théùtre des lectrices/lecteurs. Que comprenez-vous de chacun des rendus que vous ne compreniez pas des autres ? Comment les diffĂ©rents rendus sâenrichissent-ils mutuellement ? RĂ©digez un rĂ©cit de soi selon votre point de vue par exemple, quelque chose qui sâest produit dans votre famille ou dans un sĂ©minaire. Puis, interrogez une autre participante ou un autre participant par exemple, un membre de votre famille ou du sĂ©minaire et faites-lui raconter sa version de lâĂ©vĂ©nement. Imaginez-vous comme faisant partie de lâhistoire de la participante ou du participant de la mĂȘme maniĂšre quâelle ou il fait partie de votre histoire. Comment réécrivez-vous votre rĂ©cit selon le point de vue de cette personne ? Cet exercice est utilisĂ© par Ellis. LâĂ©criture collaborative nous permet de voir au-delĂ de notre conception naturaliste du style et de lâattitude. Câest un exercice que jâai utilisĂ© dans mon enseignement, mais il serait tout aussi Ă propos pour un groupe dâĂ©criture. Chaque membre met dâabord en mots un Ă©vĂ©nement de sa vie. Par exemple, ce pourrait ĂȘtre un rĂ©cit fĂ©ministe, un rĂ©cit de rĂ©ussite, un rĂ©cit de quĂȘte, un rĂ©cit culturel, un rĂ©cit de socialisation professionnelle, un conte rĂ©aliste, un rĂ©cit de confessions ou un rĂ©cit de discriminations. Des copies des rĂ©cits sont distribuĂ©es aux membres du groupe. Le groupe est ensuite divisĂ© en plus petits groupes je prĂ©fĂšre des groupes de trois. Chaque petit groupe propose une nouvelle histoire, soit lâhistoire collective de ses membres. La collaboration peut prendre diverses formes drame, poĂ©sie, fiction, rĂ©cit de soi, textes rĂ©alistes, etc. Les collaborations sont partagĂ©es avec lâensemble du groupe. Enfin, chaque membre met sur papier ce quâelle ou il a ressenti par rapport Ă la collaboration et Ă ce qui est advenu de son rĂ©cit personnel â et de sa vie â durant ce processus. Prenez un pan de votre vie en dehors de ou prĂ©cĂ©dant votre expĂ©rience dans le milieu de lâenseignement et de la recherche qui vous a particuliĂšrement marquĂ©. Utilisez cette rĂ©sonance comme une mĂ©taphore Ă partir de laquelle travailler pour comprendre et prĂ©senter votre recherche. Les Ă©tudiantes et Ă©tudiants ont créé dâexcellents rapports de recherche et se sont accrochĂ©s Ă des figures inattendues par exemple, la chorĂ©graphie, les principes de lâarrangement floral, la composition picturale, les diffusions sportives. Ces rĂ©sonances cultivent une vie plus intĂ©grĂ©e. Il existe diffĂ©rentes formes dâĂ©criture pour diffĂ©rents publics et diffĂ©rentes occasions. Faites lâexpĂ©rience dâĂ©crire sur un mĂȘme objet de recherche pour un lectorat universitaire, un lectorat de professionnelles et professionnels, pour la presse populaire, pour des lĂ©gislatrices et lĂ©gislateurs, pour le milieu de la recherche, ainsi de suite Richardson, 1990. Câest un exercice fort pertinent pour les Ă©tudiantes et Ă©tudiants de cycles supĂ©rieurs qui pourraient vouloir faire partager de maniĂšre conviviale leurs rĂ©sultats de recherche avec leurs collĂšges. Mettez en rĂ©cit lâĂ©criture Richardson, 1997. Ces histoires renvoient Ă des comptes rendus rĂ©flexifs de ce qui vous a amenĂ© Ă Ă©crire ce que vous avez Ă©crit. Les rĂ©cits dâĂ©criture peuvent porter sur des rĂšgles disciplinaires, des Ă©vĂ©nements dĂ©partementaux, des rĂ©seaux dâamitiĂ©, des liens collĂ©giaux, familiaux et/ou des expĂ©riences biographiques personnelles. Ces rĂ©cits dâĂ©criture permettent de situer votre travail dans divers contextes, rattachant cette tĂąche solitaire et en apparence sĂ©parĂ©e du reste aux alĂ©as de votre vie et de votre personne. Mettre en rĂ©cit ces histoires nous rappelle le processus constant de cocrĂ©ation qui sâopĂšre entre nous-mĂȘme et les sciences sociales. 34 Citation originale Willing is doing something you know already â here is no imaginative underst ... Ătre disposĂ© Ă , câest faire quelque chose que lâon connaĂźt dĂ©jĂ â il nâexiste aucune nouvelle comprĂ©hension imaginative dans cet acte. En ce moment, votre esprit devient affreusement stĂ©rile et dĂ©sertique Ă force dâĂȘtre aussi rapide, vif et efficace Ă rĂ©aliser une chose aprĂšs lâautre, au point oĂč vous ne prenez plus le temps de laisser vos idĂ©es survenir, se dĂ©velopper et rayonner doucement34 Ueland, op. cit..
De plus en plus dâadultes sont demandeurs de formations pour mieux comprendre leurs Ă©motions et ce quâelles suscitent. Ces formations sont des accompagnements pĂ©dagogiques, simples et accessibles Ă tous. Des exercices y sont proposĂ©s et chacun se nourrit de la situation formatrice que constitue la rencontre dynamique dâun groupe de stagiaires en questionnement et le professionnalisme du formateur. Ces formations participent Ă la rĂ©gulation non-violente des conflits, notamment dans le milieu scolaire. Comment faire avec nos peurs, nous en servir, sans nous laisser instrumentaliser ni submerger par elles ? Cela sâapprend. Il sâagit bien sĂ»r de connaĂźtre la panoplie et les fonctions des Ă©motions, les invariants des mĂ©canismes Ă©motionnels. Les auteurs [1] sont nombreux Ă avoir Ă©crit sur le sujet, ils se rĂ©pondent, se nuancent, parfois se recopient. Les chercheurs en neurobiologie, tels Damasio [2], nâarrĂȘtent pas dâen dĂ©couvrir de nouveaux aspects⊠Des exercices pour apprivoiser ses peurs⊠Mais pour progresser vers une gestion non-violente de nos propres peurs, il est nĂ©cessaire de reconnaĂźtre en nous telle ou telle inquiĂ©tude particuliĂšre, occasionnelle ou rĂ©pĂ©titive, de comprendre ce quâelle nous indique, ce quâelle dĂ©clenche et ce que nous pouvons en faire. Il nous faut converser avec nos propres Ă©motions pour en prendre la responsabilitĂ© et les convertir en actions raisonnĂ©es et responsables. Il est nĂ©cessaire de nous y exercer rĂ©guliĂšrement, comme on sâentraĂźne Ă la gymnastique⊠ou Ă la mĂ©ditation. Cet enfant nâa peur de rien, un jour il lui arrivera quelque chose ! Sous-entendu quelque chose de grave ! Cette formule populaire dit combien nos peurs font partie de notre Ă©quipement de survie, en jouant un rĂŽle dâalerte et de stimulation de notre vigilance ! Quand on sait Ă©couter ses peurs, les mettre Ă distance et les contenir, on peut sâen faire des alliĂ©es. Les peurs enclenchent des mĂ©canismes de dĂ©fense que nous pouvons transformer en outils de protection » pour nous-mĂȘmes et pour nos proches[3]. Mais quand on nie avoir peur, ces peurs occultĂ©es deviennent mauvaises conseillĂšres ». Certaines personnes ont, au contraire, tendance Ă suralimenter leurs apprĂ©hensions, Ă angoisser par anticipation au lieu dâexaminer ce qui dĂ©pend dâelles pour se sauver ». Dans lâurgence, la peur peut aussi dĂ©gĂ©nĂ©rer en panique destructrice, tel le piĂ©tinement redoutĂ© par une foule de personnes Ă terre. Certaines angoisses sont pathologiques. Les addictions dâailleurs sont souvent des tentatives dâoubli de ces peurs drogue, jeux, ou violence â dite gratuite par ceux qui en font les frais sans la comprendre. Une simple formation ne peut soigner cela ! Dans lâĂ©motion, jâai tendance à ⊠En stage de formation professionnelle, si possible hors du site de travail et hors de toutes relations hiĂ©rarchiques, je propose certains exercices qui permettent un recentrage sur les Ă©motions que ces professionnels de terrain vivent le plus couramment dans lâexercice de leur mĂ©tier, dont des peurs diverses et variĂ©es qui sont parfois leur lot quotidien. Ă titre dâexemple, jâĂ©voquerai cet exercice dont lâobjectif est dâaider les stagiaires Ă prendre conscience de la façon dont ils ont tendance Ă rĂ©agir quand ils sont dans lâĂ©motion, ou bien face Ă lâĂ©motion dâune autre personne. Cet exercice commence par un temps de travail individuel et silencieux, guidĂ© par quelques questions mĂ©ticuleusement choisies. Je propose aux personnes de se mettre en Ă©vocation mentale » dâĂ©motions rĂ©ellement vĂ©cues, en les ressentant » Ă nouveau pour cela, nous commençons par nous dĂ©tendre, respirer tranquillement, oublier le voisinage, etc.. Les stagiaires sont invitĂ©s Ă simplement dĂ©crire ce quâils ont senti dans leurs corps est-ce le cĆur qui bat plus vite ? La gorge qui sâassĂšche ? Lâestomac qui se contracte ? Les poils qui se hĂ©rissent ? La chair de poule qui couvre les bras ? Ă chacun ses spĂ©cialitĂ©s⊠Est-ce que mon corps laisse voir Ă mon entourage cette Ă©motion qui me traverse ? Est-ce quâun habituel flegme ou un calme de façade rend insoupçonnable mon vĂ©ritable Ă©tat Ă©motionnel ? Petit Ă petit, chacun apprend Ă voir venir » son Ă©motion, pour sâen saisir assez tĂŽt afin de lâinterroger sans se laisser emporter » par elle. Chacun met Ă jour les Ă©motions qui le perturbent davantage, ou au contraire celles avec lesquelles il se dĂ©brouille assez bien » en effet une personne peut ĂȘtre colĂ©reuse de tempĂ©rament et trĂšs bien sâassumer comme telle. Mais telle autre se laissera paralyser rien quâĂ lâidĂ©e de peut-ĂȘtre croiser ce collĂšgue dont les rĂ©actions lâinquiĂštent⊠Est-ce facile ou difficile de mettre des mots clairs sur mes Ă©motions ? Dans quel contexte puis-je en parler ou non ? Les personnes repĂšrent ce qui favorise un apaisement ou ce qui complique les choses. Nous travaillons aussi sur nos rĂ©actions face Ă une ou plusieurs personnes angoissĂ©es, paniquĂ©es, ou seulement inquiĂštes. Il nâest pas inutile pour des Ă©ducateurs de sâinterroger sur leur attitude face Ă un enfant qui a peur dâeux, ou un jeune qui leur fait peur⊠et sur ce qui pourrait ĂȘtre la posture la plus adaptĂ©e dans telle ou telle situation conflictuelle prĂ©cise. Les Ă©changes se font dâabord par trĂšs petits groupes composĂ©s par affinitĂ©s, sans aucune obligation. On ne partage que ce que lâon a envie de partager⊠pour mutualiser tout ce qui aide Ă canaliser ses propres peurs agir sur son corps, respirer volontairement plus lentement et plus profondĂ©ment, sâancrer dans une posture stable, abaisser son centre de gravitĂ©, augmenter sa surface de sustentation, desserrer les inutiles contractions musculaires, et puis agir sur son mental, entrer en conversation bienveillante avec soi-mĂȘme auto-rĂ©confort, se souvenir de mauvais moments oĂč lâon a su sâen tirer auto-rĂ©assurance, se concentrer sur notre mission professionnelle du moment, se fixer des prioritĂ©s dâurgences, rĂ©citer le protocole de crise appris recentrage, inventorier les ressources appuis, etc. La formatrice aide Ă nommer et trier ce qui se dit. PrĂ©cautions dâusage Il ne sâagit pas dâune simple conversation. Pratiquer de tels exercices suppose de poser et de garantir rigoureusement un cadre de respect et de confidentialitĂ©, dâĂ©coute sans interprĂ©tation ni aucun commentaire, pour quâun climat de confiance autorise un Ă©change parfois assez intime, ceci sans quitter la sphĂšre professionnelle qui nous occupe. Comment pourrait-on apaiser des peurs si le cadre de travail nâĂ©tait pas lui-mĂȘme sĂ©curisant ? Chacun reste toujours libre de se taire et responsable de ce quâil choisit de dire. Certaines personnes discrĂštes sont dans un grand travail intĂ©rieur, ou Ă©coutent avec beaucoup dâattention ce qui se dit. Attention, il ne sâagit pas dâune psychothĂ©rapie mais dâun simple accompagnement pĂ©dagogique au sein dâun groupe, pour que les participants gagnent en aisance, en bien-ĂȘtre et en efficacitĂ© dans lâexercice de leur mĂ©tier et dans la rĂ©gulation des inĂ©vitables conflits qui vont avec. Tant mieux si cela leur fait du bien au-delĂ du mĂ©tier, et si cela les aide Ă aller mieux lĂ oĂč elles ont envie dâaller. Parfois une de ces personnes dĂ©cide de creuser plus loin dans un travail personnel sur elle-mĂȘme, dans un cadre thĂ©rapeutique adaptĂ©. Le bĂ©nĂ©vole associatif, le responsable hiĂ©rarchique ou le professeur ne sont pas des psychologues ni des thĂ©rapeutes, ils ne sont pas non plus nĂ©cessairement des assistants sociaux ou des pompiers ; mais sâils veulent pouvoir faire leur travail normalement, ils doivent savoir un minimum pour accueillir les Ă©motions, dĂ©tecter les signes prĂ©curseurs et dĂ©clencheurs de crise, et contenir les dĂ©bordements. Car une personne qui ne se sent pas entendue dans son Ă©motion ou sa souffrance risque dâ exploser ». Savoir calmer le jeu est un prĂ©alable pour ensuite traiter le problĂšme sous-jacent, ou passer le relais Ă un professionnel compĂ©tent. Ămotion, besoin, attente, demande, jugement, sentiment De nombreux exercices ludiques et plus mobiles permettent de jouer lâexpression dâune Ă©motion[4], dâidentifier et dâaccueillir lâĂ©motion de lâautre, de sâentraĂźner Ă lâĂ©coute empathique, dâamĂ©liorer ses capacitĂ©s de discernement celui qui vient vers moi avec sa peur a besoin de sĂ©curitĂ©, certes, mais ce jour-lĂ , attend-il de moi plutĂŽt une action, un conseil, une analyse de ce quâil lui arrive, une aide concrĂšte, un rĂ©confort moral, ou peut-ĂȘtre seulement un temps dâĂ©coute sincĂšre pour pouvoir vider son sac ? Il a lieu de bien distinguer Ă©motion, besoin, attente non dite et demande explicite. Nous cachons souvent nos sentiments derriĂšre des jugements. Je parle ici du jugement moral qui enferme une personne, qui la met en position dâobjet. Ces jugements que nous portons sont bien souvent des projections â simplificatrices â de ce que nous percevons, et ces accusations destinĂ©es Ă dâautres parlent en fait beaucoup de nous, ce sont souvent des tentatives de rationalisation de nos propres sentiments. Au lieu de parler de ces dangereux Ă©nergumĂšnes sont des terroristes ! », il serait dans un premier temps plus rĂ©aliste de sâautoriser Ă ressentir » et dâassumer de dire Je nâaime pas bien les gens qui⊠», je tremble quand je le vois sâapprocher⊠» Ce que nous nâaimons pas parle de nos peurs, et parfois rĂ©veille des peurs archaĂŻques. Quand derriĂšre ces peurs nous dĂ©cryptons nos besoins, nous pouvons sortir de la position de victime qui nous freine, Ă©valuer les dangers rĂ©els, et choisir soit de nous enfuir, soit de rĂ©sister, ou, si les conditions le permettent, de tenter dâentrer en nĂ©gociation avec les autres et leurs besoins Ă eux. Cela permet dâavancer dans la rĂ©solution du problĂšme. Ă partir dâexemples concrets, on peut sâentraĂźner Ă dire, Ă Ă©crire, ou Ă rĂ©pĂ©ter tout haut Ce qui mâagace, câest⊠; jâai peur de⊠; jâai besoin de⊠; je vous demande de⊠; jâaccepte de recevoir⊠; je refuse⊠; je vous propose⊠» Voici un exemple de lettre rĂ©digĂ©e Ă un supĂ©rieur, lors dâun exercice de communication Ă propos dâune histoire racontĂ©e par un stagiaire qui avait subi de la part de son supĂ©rieur un reproche public et trĂšs bruyant Quand vous criez ainsi, cela rĂ©veille mes peurs, mais ne me convainc pas. Jâai besoin dâexplications et de calme pour rĂ©flĂ©chir. Je comprends votre dĂ©ception et jâaccepte de recevoir vos critiques professionnelles, mais je refuse vos allusions Ă ma vie privĂ©e. Je vous demande aussi de me vouvoyer comme vous le faisiez auparavant. Je vous propose de reparler de ce problĂšme avec notre collĂšgue Ă©galement concernĂ©. Je vous invite Ă me fixer un nouveau rendez-vous. Nous pourrions explorer ensemble les marges de manĆuvre et les diffĂ©rents progrĂšs possibles Ă faire dans les diffĂ©rents domaines de notre collaboration. Je suis prĂȘt Ă participer Ă une formation complĂ©mentaire si besoin. » Des rĂ©ponses adaptĂ©es Il est important de trier nos peurs et dâidentifier nos besoins qui ne sont pas tous identiques, pour trouver des rĂ©ponses adaptĂ©es Avons-nous besoin de reconnaissance au point dâavoir peur dâune critique ? Nous pouvons affirmer notre compĂ©tence, nous remĂ©morer ce qui fonctionne bien⊠Est-ce mon interlocuteur qui manque de reconnaissance ? Je le complimente sur ce quâil a rĂ©ussi et fais appel Ă sa capacitĂ© dâanalyse pour constater ensemble ce qui ne va pas. Je ne me sens pas en sĂ©curitĂ© ? Je peux affirmer mon droit Ă ne pas ĂȘtre agressĂ©, me rĂ©server un territoire Ă moi, exprimer mon besoin de sĂ©curitĂ© financiĂšre. Ai-je peur dâĂȘtre blessĂ© physiquement, de souffrir ? Je peux demander du renfort, une protection. Est-ce mon interlocuteur qui est insĂ©curisĂ© ? JâĂ©viterai tout ton menaçant, lui proposerai de lâaide, et rappellerai clairement le cadre et ses droits. Sâil semble plutĂŽt craindre dâĂȘtre abandonnĂ©, je ferai preuve de plus dâattentions chaleureuses. Jâai horreur dâĂȘtre surveillĂ©, peur dâĂȘtre contrĂŽlĂ©, envahi⊠Ai-je besoin de plus dâautonomie, ou de plus dâintimitĂ© ? Selon le diagnostic, je demanderai des dĂ©lĂ©gations de responsabilitĂ©s, jâexplorerai mes marges de manĆuvre, ou bien je demanderai Ă travailler dans un bureau fermé⊠Est-ce mon interlocuteur qui a besoin de plus de libertĂ© ? Je lui confierai une mission en autonomie, quitte Ă ce quâil rende des comptes aprĂšs coup⊠Nous pourrions aussi fixer les objectifs ensemble et je lui laisserai lâinitiative du choix des moyens. Jâai peur dâĂȘtre perdu, de ne pas comprendre. Jâai besoin de savoir oĂč lâon va. Je vais dire ce qui est important pour moi, questionner la finalitĂ© de tel ou tel projet, baliser les Ă©tapes, demander une carte pour vĂ©rifier le trajet. Une personne qui a besoin de repĂšres va apprĂ©cier certaines critiques, mĂȘme nĂ©gatives, et prĂ©fĂšre quâon les lui dise en face. Mais pour avouer ses propres peurs et reconnaĂźtre ses besoins, il est nĂ©cessaire dâavoir dĂ©jĂ assez de confiance en soi pour oser lâauthenticitĂ©. Cette confiance en soi se construit ou se restaure progressivement, en se donnant de petits dĂ©fis faisables, vĂ©rifiables, Ă©valuables, pour nous inscrire dans une dynamique de progrĂšs. De nombreuses personnes se sont construites paradoxalement Ă partir de leur propre vulnĂ©rabilité⊠en donnant Ă leur entourage ce qui leur a manquĂ©. Au lieu de sâinstaller dans une position de victime impuissante, et sans doute grĂące Ă une certaine vitalitĂ© personnelle, Ă lâaide de tuteurs et en prenant appui sur le rĂ©cit de leur souffrance, elles sont devenues fortes de leur point faible[5]. Jâai eu trĂšs peur, je voudrais un cĂąlin Quand on propose Ă des enfants ou des adultes dâenrichir leur vocabulaire des Ă©motions et des besoins, on leur permet de mieux comprendre ce qui se passe en eux, de choisir une rĂ©action plutĂŽt que de subir une impulsion ; il vaut sans doute mieux essayer de dire mĂȘme en pleurant ce qui nous a fait peur, que de se taire et de se terrer dans son coin. On peut aussi augmenter son registre dâexpressions non-verbales Je pense Ă cet exercice dont lâobjectif est de comprendre et dâexercer le langage non verbal, Ă partir de commentaires dâimages faits par quelques participants. Les autres, en position dâobservateurs, sont rĂ©partis entre ceux qui â dos tournĂ© â sâintĂ©resseront au contenu des mots, aux idĂ©es Ă©voquĂ©es, ceux qui Ă©couteront le ton, le rythme de la voix et de la respirationâŠ, et enfin ceux qui derriĂšre une vitre ou avec des isolants phoniques aux oreilles sâattacheront aux mouvements du corps, aux gestes des mains, de la tĂȘte, aux expressions du visage, aux changements de couleur de la peau, aux couleur de la peau⊠Le sculpteur dâĂ©motions[6] est aussi un bel exercice oĂč lâĂ©motion est de la matiĂšre Ă disposition, matĂ©riau auquel on choisit de donner une forme physique en fonction du contexte, de nos prĂ©fĂ©rences, de lâinterlocuteur mimiques, regard, posture, gestes, etc. Théùtralisation Bien entendu, le théùtre-forum adaptĂ© aux situations de formation[7] et autres outils de visualisation ou techniques de clown sont des moyens performants pour travailler sur ses apprĂ©hensions, prendre conscience du besoin dâavoir un espace Ă soi, constater que si lâon se sent envahi », la tension intĂ©rieure monte trĂšs vite. Chez certains la peur est paralysante et le corps se recroqueville, pour dâautres elle se mue en colĂšre avec risque de violence. Ces exercices aident chacun Ă repĂ©rer son non-nĂ©gociable et ce quâil est prĂȘt Ă lĂącher sans se perdre, Ă dĂ©fendre son territoire, Ă ne pas se laisser marcher sur les pieds », Ă affirmer son autoritĂ©, peser son poids, Ă rĂ©sister Ă une demande abusive ou Ă une intrusion. Ces entraĂźnements servent aussi aux militants engagĂ©s dans des actions de rĂ©sistance non-violente, par exemple face Ă des forces de police, ou pour contenir des dĂ©bordements. DĂ©rĂŽlage et cercle de parole Ces exercices sont toujours suivis dâun dĂ©rĂŽlage », pour bien distinguer la personne en formation du personnage quâelle a acceptĂ© de jouer on laisse le costume au vestiaire, on se salue, on se rassure. Puis on fait cercle, et chacun peut alors exprimer ce quâil a ressenti, observĂ©, compris pour la gestion de ses propres histoires ce qui le met en fragilitĂ©, Ă quoi il rĂ©siste facilement, les Ă©lĂ©ments de sĂ©curitĂ© dont il aurait besoin pour pouvoir dire telle chose Ă son collĂšgue, sa supĂ©rieure, son secrĂ©taire, les appuis Ă chercher, les points encore Ă travailler. Fonctionnements collectifs et capacitĂ©s personnelles sont deux aspects indissociables Lors des formations que je propose, jâĂ©voque aussi les espaces de rĂ©gulation instituĂ©s qui sembleraient nĂ©cessaires, les rĂšgles de fonctionnement Ă proposer, des actions collectives possibles Ă entreprendre. En effet, la rĂ©gulation des peurs ne se rĂ©duit pas Ă un entraĂźnement personnel ou Ă une question de communication. Trop souvent, notre systĂšme social et lâorganisation de notre vie quotidienne prĂ©caritĂ© pour tant de gens, dysfonctionnements dans nos entreprises, Ă©coles ou associations, violence des mĂ©dias ne favorisent pas la satisfaction simple de nos besoins rĂ©els, et risquent de les transformer en dĂ©sirs inassouvissables ou en peurs insurmontables. Ne pas laisser la peur nous dĂ©molir, ne pas laisser la colĂšre dĂ©truire des vies, cela suppose aussi dâagir sur le cadre mĂȘme de nos relations, pour que ce cadre de vie permette Ă chacun assez de sĂ©curitĂ© pour oser sâaffirmer. LâinquiĂ©tude liĂ©e Ă la crise devrait nous inciter Ă explorer ce qui doit changer. Ce changement dĂ©pend aussi de nous, en tant que citoyens, syndiquĂ©s, associĂ©s, professionnels engagĂ©s dans la transformation sociale de façon Ă©thique et responsable⊠Et lĂ aussi nous avons besoin de rĂ©flĂ©chir, dâapprendre et de nous exercer ! [1] Goleman, Rosenberg, Filliozat, Rojzman, Erik Berne, etc. [2] Antonio Damasio, neurologue amĂ©ricain a complĂštement changĂ© la perspective des recherches sur les Ă©motions. Dans son best-seller, Lâerreur de Descartes, il explique pourquoi il faut cesser de voir le corps comme un instrument du cerveau. Le corps et le cerveau sont partenaires. Nos Ă©motions et notre capacitĂ© de raisonner nous aident ensemble Ă prendre des dĂ©cisions. [3] Colette Portelance, dans Amour de soi et relation dâaide ». [4] Je rends hommage Ă mes collĂšgues formateurs des Ifman, avec qui nous avons mis au point de nombreux exercices. [5] Câest la rĂ©silience dont parle Boris Cyrulnic dans nombre de ses livres. [6] Exercice que nous devons Ă Olivier Maheu. [7] Lire Le théùtre-forum apprendre Ă rĂ©guler les conflits, de Guillaume Tixier, paru aux Ăd. Chronique sociale.
Le SILENCE , Et si on parlait ? Ce grand oubliĂ© peut devenir un alliĂ© prĂ©cieux pour nous aider Ă rentrer en nous â mĂȘme, , mais aussi pour grandir dans lâĂ©coute intĂ©rieure et lâattention aux autres. Un SĂ©same pour trouver la paix du coeur. Le silence est pratiquement Ă©liminĂ© de notre environnement, il en est mĂȘme pourchassĂ©âŠ. Le vrai silence nâest pas mutisme mais ouverture. Il est vrai quâil y a des silences nocifs qui sont Ă Ă©viter, car il nous coupent de notre entourage en montant des murs de bĂ©ton autour de nous. Le Mutisme est rempli dâamertume, de rancĆur, de paroles intĂ©rieures agressives qui font beaucoup de bruit au -dedans. Ce silence lĂ est destructeur et Ă Ă©viter Ă tout prix si nous voulons pas dĂ©molir nos proches, mais Ă©galement nous dĂ©truire nous â dedans ! » Je me suis souvent repenti dâavoir parlĂ©, jamais de mâĂȘtre tu ! » Le Silence permet de mieux Ă©couter, câest logique ! Or, lâĂ©coute est toute cette partie de lâĂ©change quâil soit avec Dieu, ou avec les autres , Ă se centrer, sortir de soi pour se centrer sur lâautre et le laisser existerâŠ.Accepter de laisser parler lâautre et donc se taire soi â mĂȘme, renoncer Ă envahir lâespace, Ă se justifier, Ă expliquer, Ă convaincre ou Ă rĂ©pondre. Câest difficile a rĂ©aliser ; mais câest un moyen radical pour grandir en disponibilitĂ©, en ouverture, en tolĂ©rance et dĂ©velopper un sage jugement personnel. Le silence est le milieu naturel oĂč la vie de lâesprit peut sâĂ©panouir. Sans un espace de silence intĂ©rieur, il nây a pas de pensĂ©es possible. Ce nâest pas pour rien si le silence joue un rĂŽle important dans diverses formes de priĂšres. On pense ne pas savoir prier, câest dans le fond sans importance, car Dieu entend nos soupirs, connait nos silences Le silence est le tout de la priĂšre et Dieu nous parle dans un souffle de silence, il nous atteint dans cette part de solitude intĂ©rieure quâaucun ĂȘtre humain ne peut combler. Enfin nous avons Ă©galement besoin de silence pour admirer, contempler, et laisser entrer en nous, la beautĂ© devant laquelle nous nous trouvons. Le silence nous donne la chance immense dâĂȘtre en » communion Personnellement jâai appris A garder le silence sur certaines choses qui nâest pas bon de jeter en pĂąture A garder le silence sur certains Ă©lĂ©ments pour les divulguer Ă un moment opportun et conserver la paix et de bonnes relations avec tous. A garder le silence face Ă certaines sollicitations qui ouvriraient sur des discussions houleuses. A garder le silence en face de celui qui sâexprime, le respecter et respecter les silences qui sâinstaurent pour favoriser lâĂ©coute et la En conclusion, ne rien dire est paradoxalement une forme de communication, peut-ĂȘtre la plus Ă©voluĂ©e avec soi â mĂȘme, avec lâautreâŠ. Les anciens disaient » Une eau boueuse ne peut pas ĂȘtre clarifiĂ©e si elle ne cesse dâĂȘtre agitĂ©e
Promotion Aphrodite la MĂ©thode Godefroy Apprenez, Ăcrivez, Publiez La premiĂšre formation pour devenir un Ă©crivain Ă succĂšs de romans de genre. 8 semaines de formation interactive et un coaching Ă vie. La formation la plus complĂšte probablement dans le monde. Les inscriptions sont finies les 25 Ă©tudiants sont inscrits. Nous vous donnons rendez-vous pour la prochaine promotion. Votre formateur Fred Godefroy, nĂ© au dĂ©but des annĂ©es 70, a fait plus de 50 mĂ©tiers diffĂ©rents directeur d'agences funĂ©raires, consultant marketing, prĂ©sident de 8 sociĂ©tĂ©s, producteur audiovisuel, scĂ©nariste. C'est Ă 21 ans qu'il a commencĂ© Ă Ă©crire pour le cinĂ©ma et Ă se plonger dans la maĂźtrise de l'art narratif. Il a publiĂ© son premier roman Ă 24 ans, chez Le Serpent Ă Plumes. Depuis il a Ă©crit plusieurs romans, disponibles essentiellement dans le circuit classique des librairies. En 2014, il a lancĂ© la MĂ©thode Godefroy, la premiĂšre formation française 100% interactive. Le succĂšs a Ă©tĂ© au rendez-vous. Cette formation reprĂ©sente plus de 300 vidĂ©os de confĂ©rences lives enregistrĂ©es et des dizaines et des dizaines dâheures dâenseignements spĂ©cialisĂ©s destinĂ© tout autant aux auteurs dĂ©butants qu'aux Ă©crivains confirmĂ©s. En 2016, il est retournĂ© Ă l'Ă©criture et a commencĂ© la publication de la saga Nefilims en 5 tomes 3500 pages au total dont l'Ă©criture et la publication devrait s'Ă©taler sur 4 ans. Depuis 2019, il fait parti des quelques dizaines d'auteurs Français reprĂ©sentĂ© par un Agent LittĂ©raire. Son carnet de commande est plein pour les 6 prochaines annĂ©es avec plus de 20 livres ou romans Ă Ă©crire. ParallĂšlement Ă son activitĂ© d'Ă©crivain, il coache personnellement Ă l'annĂ©e une centaine d'auteurs dĂ©jĂ Ă©ditĂ©s ou en passent de l'ĂȘtre qu'il accompagne Ă tous les niveaux techniques littĂ©raires, plan de carriĂšre, approche marketing, gestion de son image publique.... PrĂ©sentation complĂšte de la formation et des inscriptions Ă la mĂ©thode Godefroy Ăcrivez votre roman Ă succĂšs en 8 semaines⊠et soyez publiĂ© dans la foulĂ©e La seule formation Ă l'Ă©criture de romans en ligne ET en live francophone Aux Ătats-Unis et en Angleterre, Ă©crire est une chose sĂ©rieuse il y a des formations pour le faire et des dizaines de bouquins pour amĂ©liorer sa structure, ses personnages, aller au fond des choses. En France, quelques formations apparaissent, mais le plus souvent il s'agit de masterclass. Une ou deux journĂ©es, concentrĂ©es certes, mais une fois finies, il ne vous reste que votre carnet de notes. La mĂ©thode Godefroy est la seule formation complĂšte pour Ă©crire des romans et des histoires Ă©crites pour publier des romans Ă succĂšs en Ă©dition traditionnelle ou en auto-Ă©dition. " C'est le top, cette formation, yesss !!! " - Nathalie, Promotion PhĆnix Cette formation unique en son genre rĂ©vĂšle les mĂ©canismes naturels pour crĂ©er une histoire qui cartonne, une histoire qui rentre dans la tĂȘte de vos lecteurs pour toujours, une histoire qui fait de votre manuscrit un potentiel best-seller. Personne ne naĂźt Ă©crivain ! Vous le devenez par le travail, par lâexpĂ©rimentation, par la passion de coucher sur le papier des histoires qui n'existent au dĂ©part que dans votre tĂȘte. C'est lĂ toute la difficultĂ© de ce mĂ©tier, d'ailleurs. Comment, Ă partir d'une simple idĂ©e, Ă©crire un roman de 300 ou 600 pages qui va finalement se retrouver en tĂȘte de gondole chez les libraires ? Beaucoup d'auteurs abandonnent avant la fin ! Atteindre l'objectif d'avoir un roman complet entre leurs mains les terrifient en milieu de parcours. Pourquoi ? Est-ce votre cas ? Avez- vous des tas de manuscrits inachevĂ©s dans vos tiroirs ? Ou mĂȘme des romans terminĂ©s que vous n'avez jamais osĂ© envoyĂ© Ă des Ă©diteurs ? Avez-vous dĂ©jĂ regardĂ© Ă quel moment vous dĂ©cidez d'abandonner votre manuscrit dans votre tiroir par timiditĂ©, parce que vous n'ĂȘtes pas prĂȘt Ă la finir, par ce que vous voulez un texte parfait, parce que vous ne savez pas comment le continuer ou le terminer... ? Faites-vous partie de ces auteurs qui clament qu'ils sont Ă©crivains mais qui n'ont aucun titre Ă prĂ©senter Ă leurs amis. Ou au contraire, faites-vous partie de cette classe d'auteurs qui travaillent dur pour arriver Ă leur fin, qui savent qu'ils vont y arriver coĂ»te que coĂ»te un jour ou l'autre ? Bien sĂ»r, tout ce qui suit s'adresse Ă vous, Ă©crivain qui cravachez dur pour rĂ©ussir l'impossible. Mais dans cette lettre, je vais vous montrer que tout peut ĂȘtre plus facile que ce qu'on croĂźt et qu'il existe des solutions millĂ©naires pour ĂȘtre un romancier officiel ». "Ta mĂ©thode est gĂ©niale Fred, bien structurĂ©e, claire, elle mâa aussi appris que lâĂ©criture, nâest pas rĂ©servĂ©e Ă une Ă©lite. Tu as rĂ©vĂ©lĂ© des choses en moi que je ne soupçonnais pas. Les bonus sont aussi des moments forts et la cerise sur le gĂąteau câest tes appels tĂ©lĂ©phoniques qui personnalisent et donnent des moments privilĂ©giĂ©s. Je te remercie sincĂšrement pour tout, ta mĂ©thode, ta bonne humeur, ton humanitĂ©. " - Luce, Promotion PhĆnix Je vais ĂȘtre franc les 56 vidĂ©os initiales de la MĂ©thode sont intensives. Si vous les suivez dans l'ordre, si vous en regardez une par jour et que vous travaillez dans la foulĂ©e, vous pouvez disposer d'un premier jet de votre histoire en 8 semaines. C'est le but. Ces 56 vidĂ©os de cours libĂšrent votre crĂ©ativitĂ© en vous aidant Ă structurer une idĂ©e initiale en histoire. Elles vous accompagnent jour aprĂšs jour jusqu'Ă ce que vous arriviez au mot le plus difficile Ă taper dans votre traitement de texte le mot FIN » ! La majoritĂ© des jeunes » auteurs pensent qu'en structurant son histoire, on limite sa crĂ©ativitĂ©. Eh bien ! C'est juste complĂštement faux. C'est mĂȘme exactement l'inverse. Je n'aime pas le sport mais prenons l'exemple d'un match de Rugby ou de foot. Ils ont un terrain dĂ©limitĂ© duquel ils ne peuvent pas sortir. Ils ont des rĂšgles qu'ils doivent respecter. Ils ont un temps donnĂ© pour gagner. Si on ne limitait pas les matchs de foot Ă 90 minutes, combien de temps est-ce que les 2 Ă©quipes se battraient pour arriver Ă gagner ? Ce serait sans fin. Quand on est un Ă©crivain sĂ©rieux on dĂ©limite son terrain, on s'impose des rĂšgles et on respecte un timing. C'est lĂ , dans ce cadre bien Ă©tabli, que la crĂ©ativitĂ© naĂźt vraiment. Et elle est bien diffĂ©rente de la crĂ©ativitĂ© sans cadre, croyez-moi ! En structurant votre Ă©criture, vous vous donnez les moyens de sortir du lot et d'accĂ©der au statut d'Ă©crivain lu et je l'espĂšre reconnu. Vous ne le savez probablement pas, mais les Ă©diteurs aiment les auteurs qui non seulement on du talent bien sĂ»r! mais surtout ceux qui connaissent leur mĂ©tier. Car c'est bien d'un mĂ©tier dont on parle. Pour ĂȘtre remarquĂ© par un Ă©diteur, il faut ĂȘtre pro, tout simplement il y a une procĂ©dure dans la formation qui vous donne tous les dĂ©tails. GrĂące Ă ce programme complet qu'est la MĂ©thode Godefroy, vous allez pouvoir rĂ©aliser votre rĂȘve devenir un Ă©crivain Ă succĂšs et voir votre roman dans toutes les librairies de France et de Navarre. Toutes les choses qui vous bloquent aujourd'hui pour rĂ©ussir la procrastination, les réécritures permanentes, les blocages en plein milieu du texte... ne vont ĂȘtre qu'un mauvais souvenir dĂšs que vous allez commencer Ă travailler sĂ©rieusement ce programme, dans l'ordre et sans vous prĂ©cipiter. Voici le Plan de Travail de la formation Semaine 1 Vous apprenez Ă Ă©carter les idĂ©es sans potentiels, Ă choisir les bonnes idĂ©es de romans, Ă les tailler et Ă les façonner jusqu'Ă ce que vous ayez une pĂ©pite entre les mains. Cette premiĂšre semaine est la plus dure, la plus difficile. Mais tous ceux qui l'ont franchie ont d'un coup compris qu'ils allaient Ă©crire un roman puissant et attractif. Tout commence par l'idĂ©e. Et il y a des techniques pour Ă©crire un roman qui a un vrai potentiel de rĂ©ussite. Les 7 modules de cette premiĂšre semaine ont changĂ©s la vie des auteurs qui appliquent ce qu'ils y ont appris ! Cette seule semaine vaut le tarif d'un billet de 1Ăšre classe... Semaine 2 Vous passez Ă la prĂ©paration de votre roman. Vous construisez votre Protagoniste, votre Antagoniste, les Personnages Secondaires et vous apprenez Ă les relier de maniĂšre Ă densifier la rĂ©alitĂ© intrinsĂšque de votre histoire. C'est pendant cette seconde semaine que vous apprenez quelques fondamentaux de la dramaturgie Ă©galement. Semaine 3 LĂ , on entre dans le secret des Dieux la Structure Universelle des histoires Ă succĂšs. Vous commencez Ă maĂźtriser les diffĂ©rentes Ă©tapes de votre roman, vous comprenez comment on structure une histoire qui fonctionne et vous vous appropriez cette Structure Universelle pour votre propre histoire. A partir de lĂ , vous ne verrez plus jamais aucun film ni aucun livre de la mĂȘme maniĂšre... Semaine 4 On continue sur la Structure Universelle... mais pas que ! Je vous enseigne une technique redoutable pour ne jamais vous perdre dans votre roman, mĂȘme s'il fait 1000 pages et qu'il a 50 personnages et vous dĂ©couvrez les premiĂšres techniques avancĂ©es de la MĂ©thode liĂ©es aux Intrigues Principales et aux Intrigues Secondaires. Semaine 5 Presque totalement consacrĂ© Ă la Structure Universelle, vous en explorez les limites et les possibilitĂ©s et continuez Ă dĂ©couvrir les diffĂ©rentes Ă©tapes obligatoires qui composent toute histoire qui cartonne. Semaine 6 Vous terminez de maĂźtriser les derniĂšres Ă©tapes de la Structure, mais vous apprenez aussi Ă utiliser la symbolique des lieux, Ă construire un titre efficace, Ă crĂ©er du suspens et du sous-texte intelligent. Mais surtout, vous disposez du tableau complet de la Structure, ce qui vous assure de ne jamais vous perdre dans votre histoire. GrĂące Ă ce tableau tout simple, dites adieu au syndrome de la feuille blanche. Semaine 7 On aborde ensemble les réécritures, comment trouver des bĂȘta-lecteurs, comment utiliser des fiches pratiques qui vont considĂ©rablement changer votre vie. Vous dĂ©couvrez Ă©galement comment envoyer votre manuscrit, sous quel format, Ă qui, etc. Semaine 8 Des vidĂ©os bonus sur l'auto-Ă©dition, la mise en page des dialogues Ă l'ancienne ou Ă la moderne, les Ă©lĂ©ments et les personnages, des interviews d'auteurs et d'Ă©diteurs, etc. Ce module est le votre ; on a des modules dĂ©jĂ prĂ©vus, mais on en fait ad-hoc en fonction des besoins de la promotion. IdĂ©alement, vous regardez 1 vidĂ©o par jour pendant 9 semaines. Vous pouvez allez plus vite si vous n'arrivez pas Ă vous retenir mais faites-le sĂ©rieusement. Avec les webinaires live de suivi, de questions-rĂ©ponses et d'approfondissement, la formation dure 10 semaines. En suivant cette formation unique au monde Ă ma connaissance... ... mettre le mot fin Ă votre manuscrit va devenir une simple formalitĂ©. ... le maquetter et l'envoyer aux bons Ă©diteurs une simple routine. ... PrĂ©parez votre roman pour libĂ©rer ensuite votre crĂ©ativitĂ© durant l'Ă©criture, un simple rĂ©flexe naturel. ... réécrire un premier jet passable pour en faire un texte mĂ©morable, une simple habitude. Mettez toutes les chances de votre cotĂ© exprimez votre talent, enrichissez votre travail des meilleures techniques utilisĂ©es par les plus grands auteurs et soyez enfin reconnu. Ce que vous allez dĂ©couvrir dans cette formation sans Ă©quivalent sur Internet, c'est exactement ce que font tous les auteurs qui rencontrent du succĂšs, qui signent de bons contrats, que les journalistes interviews, qui peuvent produire encore et encore des romans qui marqueront Ă jamais leurs lecteurs, annĂ©e aprĂšs annĂ©e. Il n'y a pas 36 maniĂšres de bien Ă©crire un roman mĂȘme si, techniquement il existe en tout et pour tout 36 situations dramatiques - c'est dans une des 130 vidĂ©os bonus que vous allez recevoir dans le super-bonus du mois. GrĂące Ă La mĂ©thode Godefroy vous allez mettre dans l'ordre toutes les piĂšces du puzzles de votre histoire. Vous allez comprendre comment le commencer, comment le terminer, Ă quel moment mettre les pivots dramatiques, comment crĂ©er des personnages forts qui peuvent devenir lĂ©gendaires, etc. Bien sĂ»r, chaque auteur dĂ©veloppe ses propres techniques, sa propre mĂ©thodologie mais absolument tous les auteurs Ă succĂšs passent par les mĂȘmes Ă©tapes Pas de structure = pas d'histoire ! C'est une rĂšgle d'or des auteurs de best-sellers ! Il y a 5 Ă©tapes que tout auteur franchit, quoi qu'il arrive, quel que soit son succĂšs, qu'il en soit Ă son premier roman ou Ă son trentiĂšme Ă©tape 1 Avoir LA bonne idĂ©eĂ©tape 2 prĂ©parer son romanĂ©tape 3 Ă©crire son romanĂ©tape 4 réécrire son romanĂ©tape 5 l'envoyer aux bons Ă©diteurs Dans cette mĂ©thode, vous allez apprendre les meilleures techniques Ă appliquer Ă chaque Ă©tape. Puis, tranquillement, par expĂ©rience, vous allez dĂ©velopper vos propre maniĂšre de faire et adapter ces 5 Ă©tapes incontournables Ă votre sensibilitĂ©, au genre que vous Ă©crivez, Ă votre style. Soyons franc pour tout ceux et toutes celles qui ont suivi la formation, il y a un avant » la mĂ©thode et un aprĂšs » la mĂ©thode. Quelques statistiques. Ătes-vous dedans ? Ă votre avis, qu'est-ce qui fait la diffĂ©rence entre le million et demi de Français qui ont un manuscrit au fond de leur tiroir des 6000 auteurs publiĂ©s chaque annĂ©e ? Qu'est-ce qui distingue les 52 % de Français qui rĂȘvent d'Ă©crire un roman de ceux qui rĂ©ussissent Ă le faire Ă©diter ? Et qu'est-ce qui diffĂ©rencie les 300 auteurs français environ qui gagnent leur vie grĂące Ă leur talent d'Ă©criture, de tous les autres ? Pourquoi tant de romanciers en herbe ont des tas de manuscrits en cours et aucun roman terminĂ© ? Pourquoi n'arrivez-vous pas aller jusqu'au bout et pourquoi n'arrivez-vous pas Ă vous faire publier ? Qu'est-ce qui vous manque pour rĂ©aliser votre rĂȘve ? Absolument tous les auteurs sont passĂ©s par ce questionnement. MĂȘme les plus cĂ©lĂšbres. Regardez Bernard Werber il a mis 10 ans Ă Ă©crire les Fourmis, a Ă©crit tellement de versions qu'il ne pourraient mĂȘme plus les compter aujourd'hui, a mis 6 ans ĂȘtre acceptĂ© par un Ă©diteur. Ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autres. Tous les grands auteurs, artistes connus ou inconnus sont partis de rien ou, pour ĂȘtre plus prĂ©cis, d'une simple idĂ©e. Mais ils y croyaient tellement fort que c'est arrivĂ© ils ont Ă©tĂ© publiĂ©s ! La mĂ©thode Godefroy est un raccourci ludique, 100 % pratique, accessible en ligne en permanence dĂšs que vous en avez besoin... J'aimerai vous dire le contraire, mais il n'y a pas de mystĂšre vous pouvez faire partie des Ă©lus ou non ! L'Ă©tude et le travail font la diffĂ©rence. Vous pouvez vous former autant que vous voulez mais si vous n'appliquez pas ce que vous apprenez et si vous ne faites pas l'effort d'Ă©crire quotidiennement, votre rĂȘve restera une chimĂšre. Vous vous escrimerez Ă mettre en mots ce qui trotte dans votre tĂȘte en rĂȘvant d'une publication mais sans faire vos gammes, tout ne restera qu'un projet vain et sans vie. Faites-vous confiance pour Ă©crire. Croyez en votre talent ! Investir dans un programme comme celui-ci, c'est prĂ©parer son avenir, l'avenir dont vous avez toujours rĂȘvĂ©. Mais si vous ne faites qu'Ă©tudier, si vous restez dans votre coin sans jamais Ă©changer avec d'autres auteurs qui savent exactement ce par quoi vous ĂȘtes en train de passer ou si vous ne pratiquez pas tout le temps, il n'y aura pas de rĂ©sultats. C'est comme les langues. Si vous apprenez une langue un petit peu Ă©pisodiquement et/ou que vous ne la pratiquez pas, il y a peu de chances que vous sachiez converser dans cette langue, maintenant ou plus tard. C'est encore une fois comme dans tous les mĂ©tiers il faut travailler dur, il faut suer, il faut affronter ses pires dĂ©mons et ce n'est pas quelque chose de facile ni pour vous ni pour tous ceux qui sont dĂ©jĂ passĂ©s par lĂ . Il n'est jamais trop tard pour commencer Ă Ă©crire...Mais... ... Si vous partez la fleur au fusil en vous disant, je vais Ă©crire le meilleur roman de ces vingt derniĂšres annĂ©es, ou mĂȘme de l'histoire de la littĂ©rature... », que vous n'avez ni mĂ©thode, ni expĂ©rience, ni de structure, toute votre inventivitĂ©, votre imagination, votre talent, votre crĂ©ativitĂ©, va se terminer comme 90% des auteurs amateurs... dans un tiroir et sans le mot FIN ». C'est quasiment mathĂ©matique !Mais revenons un instant sur la relation que nous entretenons avec les autres lorsque nous nous dĂ©clarons Ă©crivain... Si vous ĂȘtes comme la plupart d'entre nous, vous affrontez depuis des lustres votre famille et vos amis en leur dĂ©clarant avec toute la certitude de vos convictions crĂ©atives j'Ă©cris un roman, vous verrez ! Au mieux vous avez recueillis des sourires condescendants ou des sarcasmes rieurs, au pire des insultes et des remontrances. Et vous savez que la seule maniĂšre de leur faire taire leur clapet, c'est enfin d'en sortir un pour de bon ! Ou alors vous ruminez votre envie d'Ă©crire et ça vous bouffe littĂ©ralement. C'est encore plus destructeur. Si vous ĂȘtes dans une famille pour quiĂȘtre un artiste est la pire insulte du monde, vous vous Ă©touffez petit Ă petit, vous vous enfoncez dans la dĂ©pression, les regrets ou la perte de confiance en votre talent. Vous savez aussi - ou vous le pressentez fortement c'est le paradoxe de tout ceux qui ont un succĂšs non-conventionnel - que tout ceux qui aujourd'hui vous donnent ces prĂ©cieux mauvais conseils seront les premiers Ă vous admirer et Ă vous fĂ©liciter lorsque votre roman sera enfin publiĂ©. Aucun d'eux n'acceptera d'avouer qu'ils s'Ă©taient trompĂ©s sur votre compte ou qu'il ne croyait pas en vous ! Tous les auteurs vivent ça !Mais une fois votre roman publiĂ©, vous deviendrez alors le hĂ©ros de votre famille et de vos amis. Vous aurez un succĂšs qui impressionnera tout le monde et votre conviction Ă aller jusqu'au bout â qui Ă©tait jadis si dĂ©criĂ©e â sera votre marque de fabrique. C'est toujours comme ça pour ceux qui ne baissent pas les bras devant l'adversitĂ© rejetĂ© la veille, hĂ©ros le lendemain. Je vais vous faire part de mon expĂ©rience personnelle il y a un truc qui change Ă jamais. Une fois que vous avez Ă©ditĂ© votre premier roman de maniĂšre traditionnel, vous n'aurez plus jamais Ă prouver que vous pouvez le faire. Une fois que c'est fait, c'est fait ! et mĂȘme 20 ans aprĂšs, vous ĂȘtes toujours le mec/la fille qui avez rĂ©ussi lĂ oĂč tout le monde Ă©chouait. Vous ĂȘtes l'incarnation du succĂšs pour le restant de vos jours. Ătre Ă©ditĂ© vous ouvre toutes les portes, toutes celles que vous voulez. Vous avez rĂ©ussi l'impossible. Vous avez fait un exploit. Mais... Pourtant, en cet instant mĂȘme ou vous lisez cette page, vous vous Ă©puisez Ă l'Ă©crire, votre premier roman. Vous n'y arrivez pas malgrĂ© vos idĂ©es, votre style et votre originalitĂ©. C'est normal. C'est comme pour tout, il faut une structure, un prof, un guide, un plan. Connaissez-vous un seul mĂ©tier dans le monde qui ne s'apprend pas ? Moi, pas ! Peut-ĂȘtre que vous ne me connaissez pas ? Je m'adresse Ă vous sur un ton assez personnel mais vous n'avez aucune idĂ©e de qui je suis ? Bon, allons-y par Ă©tape Feriez-vous confiance Ă - Un type qui n'a jamais jouĂ© de la guitare ni chantĂ© et qui vous donne son point de vue sur votre derniĂšre musique que vous avez tant travaillĂ© ? - Un ami qui vous dit comment jouer votre prochaine audition alors qu'il en a jamais passĂ© lui-mĂȘme... et que c'est le cadet de ses soucis de rĂ©ussir comme acteur ? - L'avis de votre pĂšre, de votre mĂšre ou de vos frĂšres et sĆurs si vous leur prĂ©sentiez un tableau alors qu'aucun d'eux n' jamais touchĂ© un pinceau de sa vie ? C'est pareil pour votre roman. OĂč que vous en soyez dans l'Ă©criture la recherche de l'idĂ©e, l'Ă©criture, la réécriture..., ne vous fiez Ă l'avis de quelqu'un que s'il a dĂ©jĂ parcouru tout le marathon. Sinon, ça ne vaut pas grand chose. Ce qui est vraiment dur Ă vivre en tant que romancier, c'est qu'on a besoin de l'avis des autres pour se rassurer, avant tout, et puis pour savoir qu'on est sur la bonne voie, pour - tout simplement - croire en ce que l'on fait. C'est une formation exceptionnelle, vraiment pour avoir Ă©tĂ© assistante de formation je sais aussi de quoi je parle. C'est rare de voir autant d'investissement... Merci ! » - CĂ©line, Promotion PhĆnix Tout au long de la rĂ©ouverture des inscriptions, Fred a animĂ© des webinaires pour vous aider Ă Ă©crire votre premier roman ou amĂ©liorer vos romans suivants. Retrouvez les principaux webinaires sur la mĂ©thode IPER-V et sur les super concepts et les idĂ©es. Retrouvez le webinaire sur la mĂ©thode IPER-V et la structure d'un roman Avoir de bonnes idĂ©es pour vos romans Quand on est Ă©crivain, on devient une machine Ă produire et amĂ©liorer des idĂ©es. C'est ce que cherchent les lecteurs des nouvelles histoires avec des pivots dramatiques qui les surprennent, des personnages principaux qui Ă©voluent et se transforment dans le monde de l'Aventure. C'est ce que cherchent aussi les Ă©diteurs ! Avoir de grandes idĂ©es la MĂ©thode REVE "Si comme moi, vous dĂ©bordez d'imagination mais ne savez comment construire un vrai rĂ©cit, un roman captivant que vous voudriez lire vous-mĂȘme, alors la mĂ©thode de Fred est pour vous. Je me sens incroyablement motivĂ©e et bouillonnante de projets, depuis que j'ai dĂ©couvert et suivi cette formation, unique en France. Pourquoi unique ? Parce qu'elle reprend les grands principes d'Ă©criture qui font des best-sellers, souvent seulement accessibles en qu'elle combine Ă la sauce Fred ses connaissances et son expĂ©rience. Parce qu'elle propose des lives et un forum oĂč on se sent tous unis, soudĂ©s, comme une grande qu'on peut enfin trouver un cadre pour notre imagination qu'on peut enfin se sentir professionnel, tout en restant soi-mĂȘme. Avec les meilleurs conseils qui soient, de la part d'un homme de cĆur, pĂ©dagogue, gĂ©nĂ©reux, passionnĂ©, bouillonnant d'idĂ©es lui aussi. Suivez cette formation, vous ne le regretterez pas." - Marjorie, Promotion PhĆnix Ce que veulent les Ă©diteurs et les lecteurs Les Ă©diteurs sont tous Ă la recherche de bonnes histoires. S'ils dĂ©pensent autant en lecteurs et en comitĂ©s de lecture alors mĂȘme que 15% maximum de leur production va leur rapporter des bĂ©nĂ©fices, c'est pour trouver le Maxime Chattam de demain. Ils veulent tous de bonnes histoires, ils veulent LEUR perle rare. Saviez-vous, par exemple, que 60 Ă 80% des manuscrits reçus Ă©taient des biographies ou des auto-biographies mal dĂ©guisĂ©es ? Or, ce que recherchent les Ă©diteurs, ce sont des HISTOIRES. Ils haĂŻssent les biographies et les auto-biographies d'auteurs qui pensent que leur vie est plus gĂ©niale qu'une vraie bonne histoire fictive. Donc, si vous racontez une VRAIE histoire, vous ĂȘtes dĂ©jĂ inclus dans les 20% d'auteurs qui vont attirer l'attention des lecteurs de maisons d'Ă©ditions. Si votre manuscrit est prĂ©sentĂ© dans les rĂšgles format, maquette, couverture..., vous faites partie des 10% d'Ă©lus qui vont ĂȘtre vraiment lu. Si votre histoire est efficace et encore une fois, c'est indĂ©pendant de votre style et de votre talent, alors vous ferez partie des 1 ou 2 % d'auteurs qui peuvent changer la face du monde littĂ©raire, au moins. GrĂące Ă la MĂ©thode, vous allez apprendre Ă transformer votre souhait de raconter UNE vie en UNE histoire universelle qui entrera dans le panthĂ©on des histoires que l'on transmet de gĂ©nĂ©ration en gĂ©nĂ©ration. Ce que vous allez obtenir avec la formation, c'est un changement de votre vie. Ă la fois parce que vous saurez faire quelque chose que peu de personnes savent faire, mais aussi parce que cette formation vous apprendra Ă dĂ©coder de maniĂšre plus subtile les diffĂ©rentes histoires, les ressorts dramatiques de la vie de tous les jours. Cette formation a changĂ© la vie des Ă©tudiants qui l'ont suivie, elle peut changer votre vie aussi et vous apporter de meilleures choses. "Je ne vois plus les films de la mĂȘme façon et je ne lis plus de la mĂȘme façon, et câest un changement en profondeur qui câest fait au cours de la mĂ©thode et câest assez remarquable comme effet dans cette nouvelle perception." - Philippe, Promotion Ulysse Les bonus de la formation Des vidĂ©os indispensables issues du Club des Ă©crivains de Fred Godefroy Il y a plus de 150 vidĂ©os issues du Club des Ă©crivains sur l'Ă©criture, le mĂ©tier d'Ă©crivain, la promotion et le marketing. Certaines de ces vidĂ©os seront libĂ©rĂ©es au fur et Ă mesure de la formation pour vous aider dans cette formation, car elles se concentrent sur des techniques d'Ă©criture, de narration, de rĂ©flexion qui vous serviront dans les phases de prĂ©paration, d'Ă©criture ou de vente. Et le reste sera mis Ă disposition au fur et Ă mesure rĂ©guliĂšrement aprĂšs la fin de la promotion, pour que vous remettiez en marche la machine chaque semaine. Webinaires en live chaque semaine Chaque semaine, en plus des modules dĂ©jĂ prĂ©vus, Fred prĂ©sente au moins un webinaire live pour rĂ©pondre aux questions posĂ©es par les Ă©tudiants de la promotion sur le module en cours. Ce ne sont pas des webinaires qui sont remachĂ©s, dĂ©jĂ prĂȘts ils sont faits exclusivement pour vous. Ces webinaires se dĂ©roulent en gĂ©nĂ©ral Ă 19h en semaine, et 18 h le week-end. Un vrai coaching La formation c'est bien, c'est la mĂ©thode gĂ©nĂ©rale. Mais chaque auteur est un cas particulier et est traitĂ© de cette maniĂšre. Il y a donc un coaching personnalisĂ©. Ce coaching se compose a minima de 3 conversations tĂ©lĂ©phoniques avec Fred une au dĂ©but de la formation pour mieux se connaĂźtre et Ă©ventuellement adapter les webinaires live aux besoins des uns et des autres, une au milieu de la formation pour faire le point sur votre avancement et assurer un suivi personnalisĂ©, et enfin une Ă la fin de la formation pour faire la revue, vous aider Ă aller plus loin et fixer des objectifs pour l'avenir. Ce coaching n'a pas de durĂ©e de pĂ©remption Fred vous donne son email et son numĂ©ro de tĂ©lĂ©phone, et ensuite vous pouvez l'appeler quand vous voulez pour parler Ă nouveau d'Ă©criture, du mĂ©tier d'auteur, vous aider si vous vous posez des questions par rapport Ă une adaptation au cinĂ©ma ou Ă la tĂ©lĂ© c'est tout le mal qu'on vous souhaite. Un module spĂ©cialement pour la promotion Le dernier module est composĂ© de plusieurs webinaires live pour rĂ©pondre aux demandes des Ă©tudiants au cours de la formation et adapter au maximum le contenu Ă vos besoins. Il y a d'autres modules en rĂ©serve, mais l'objectif est d'ĂȘtre vraiment le plus proche de vos besoins, pas resservir la soupe Ă tout le monde. Inscrit Ă vie revenez quand vous voulez Ă l'issue de la formation, vous avez bien sĂ»r toujours accĂšs Ă tout le contenu que vous avez achetĂ© les cours, les retransmissions des webinaires live, le forum. Sans limitation de durĂ©e. Mais cela ne s'arrĂȘte pas lĂ Ă chaque nouvelle promotion, sur simple demande, vous pouvez vous rĂ©inscrire gratuitement pour vous botter les fesses, profiter de l'Ă©nergie de la promotion, vous concentrer sur la prĂ©paration et l'Ă©criture d'un nouveau roman. C'est aussi pour vous l'opportunitĂ© d'agrandir votre rĂ©seau d'auteurs en dĂ©couvrant et en accompagnant les nouveaux Ă©tudiants. C'est souvent par le mentorat qu'on arrive Ă l'expertise. Je le rĂ©pĂšte, cette rĂ©inscription aux diffĂ©rentes promotions est gratuite, et de nombreux Ă©tudiants font au moins deux fois la formation. Des cadeaux surprise On ne vous dit pas tout, mais il y aura d'autres modules et contenus surprise pour vous. Ce sont les Ă©tudiants qui en parlent le mieux Il y a dĂ©jĂ eu d'autres promotions de la mĂ©thode Godefroy, et les Ă©tudiants ont tous Ă©tĂ© comblĂ©s par la qualitĂ© et la profondeur de la formation. Certains se rĂ©inscrivent mĂȘme Ă toutes les promotions, gratuitement, pour suivre Ă nouveau le cours et participer au forum au fur et Ă mesure, aider les nouveaux Ă©tudiants. Pour retrouver tous les tĂ©moignages des Ă©tudiants, dont certains en vidĂ©o, cliquez ici. Questions FrĂ©quentes Quand commence et finit la formation ? La formation commence le lundi 20 avril et finit 9 semaines plus tard,. Les vidĂ©os sont publiĂ©es chaque jour pour chaque module, Ă raison d'un module par jour. Vous pouvez donc suivre la formation au jour le jour. Si vous ratez un module, il reste bien Ă©videmment disponible tout le temps aprĂšs la pĂ©riode de la formation. Vous aurez ainsi accĂšs en permanence Ă tous les cours et vous pourrez les revoir autant de fois que vous le voudrez. Combien de temps ai-je accĂšs Ă la formation ? Un accĂšs permanent, ça vous va ? Nous mettons toutes les vidĂ©os et les audio en tĂ©lĂ©chargement et en plus vous pouvez continuer Ă les consulter sur le site de la formation. En plus des bonus supplĂ©mentaires qui s'ajoutent. Qu'est ce qui se passe si je me rends compte que la formation n'est pas pour moi ? La satisfaction des Ă©tudiants est un gage de rĂ©ussite. Vous bĂ©nĂ©ficiez de 30 jours aprĂšs votre inscription pour faire jouer votre garantie de remboursement intĂ©gral. Pas de questions, pas de blocage. Alors si vous hĂ©sitez, hĂ©sitez Ă l'intĂ©rieur de la formation vous avez 30 jours pour savoir que c'est vraiment pour vous. Est-ce qu'il y a du live ? Chaque semaine il y aura une sĂ©ance de questions rĂ©ponses en live qui seront rajoutĂ©es aux modules prĂ©cĂ©dents et qui permettront de nourrir la formation de vos propres questions et des rĂ©ponses qui vont avec. Ce sera l'occasion d'aller plus loin pour vous et pour nous. Il faut ĂȘtre lĂ tous les jours ? C'est mieux mais ce n'est pas indispensable. Vous pouvez vous appuyer sur la synergie du groupe et les interactions dans le forum pour progresser plus vite que si vous regardez les modules de la formation en solitaire. La premiĂšre semaine est la plus intensive et je vous conseille de la suivre au fur et Ă mesure. Votre assiduitĂ© est un facteur trĂšs important de votre rĂ©ussite. Si vous ĂȘtes persĂ©vĂ©rant et assidu, vous rĂ©ussirez plus vite, vous bĂ©nĂ©ficierez le plus possible de la formation. Si vous ĂȘtes moins assidu, cela vous prendra proportionnellement plus de temps. Est-ce un coaching ? La composante personnalisĂ©e est importante dans la formation. Vous aurez donc les coordonnĂ©es de Fred pour l'appeler quand vous voulez. Il y a trois entretiens personnalisĂ©s au dĂ©but, au milieu et Ă la fin de la formation pour faire le point de votre avancement. Et si j'ai d'autres questions ? Contactez Cyril par email Ă [email protected] ou au 06 63 16 45 41 il est lĂ pour rĂ©pondre Ă toutes vos questions et vous renseigner sur la formation, son dĂ©roulement, les modes de paiement, la recette du curry aux lĂ©gumes. J'ai des difficultĂ©s pour m'inscrire, y a-t-il une alternative ? Vous pouvez toujours contacter Cyril pour discuter des conditions de votre inscription. Si vous dĂ©sirez faire une inscription avec paiement par chĂšque, Paypal ou virement, je suis Ă votre disposition. "Ta formation Godefroy est un vĂ©ritable rĂ©gal, dâun niveau professionnel et dâexpertise de trĂšs haut niveau et je suis trĂšs heureuse de mây ĂȘtre inscrite ! un Ă©norme merci Ă toi !" - Nataly, Ă©tudiante promotion PhĆnix En rĂ©sumĂ© La MĂ©thode Godefroy, c'est une formation pour apprendre Ă prĂ©parer et Ă©crire des romans Ă succĂšs en 8 semaines. 8 semaines de cours quotidiens Des exercices Ă pratiquer quotidiennement pour dĂ©velopper vos habitudes d'Ă©crivain Des webinaires hebdomadaires pour faire le point, rĂ©pondre aux questions, aller plus loin Des centaines de vidĂ©os en bonus sur le mĂ©tier d'Ă©crivain, le marketing, les techniques qui font la diffĂ©rence Une inscription Ă vie vous faites la formation avec le coaching live quand vous voulez Un coaching permanent avec Fred Godefroy, mĂȘme aprĂšs la fin de la formation En bonus des vidĂ©os, les livres de Fred Godefroy Ă tĂ©lĂ©charger, et pour les premiers inscrits la formation AutoĂ©diteur pour apprendre Ă vous autoĂ©diter comme un pro L'accĂšs permanent au Forum des Ăcrivains Vous pouvez rĂ©gler par carte de paiement, Paypal sur cette page, chĂšque ou virement en contactant directement Cyril Ă [email protected] Il n'y a que 25 places Les inscriptions sont jusqu'au 19 avril Un mois de garantie sans condition Est-ce que cette formation est faite pour vous ? Si vous avez dĂ©couvert Fred et ses webinaires, ce n'est pas par hasard. Si vous avez lu cette page jusqu'ici, ce n'est pas par hasard non plus. Qu'est-ce qui vous retient encore ? Avez-vous peur de ne pas avoir de talent ? Le talent, en tant qu'Ă©crivain de romans, c'est le fait d'inventer, de peaufiner et d'Ă©crire d'excellentes histoires qui vont passionner les lecteurs. C'est quelque chose qui s'apprend par la pratique, et la formation insite beaucoup sur le fait de vous torturer le cerveau, de pratiquer quotidiennement votre mĂ©tier d'inventeur d'histoires pour transformer tout ça en des histoires qui chamboulent vos lecteurs. Des histoires dont ils vont se souvenir des annĂ©es plus tard. Le reste, c'est de la technique et votre style, qui vous est propre. La maniĂšre dont vous racontez votre histoire vous est propre et est originale. Enlevez votre style, il reste votre histoire. Et si votre histoire est gĂ©niale, mĂȘme si votre style a besoin de progresser, votre roman sera encensĂ© par les lecteurs. Comment dĂ©velopper votre style ? Fred et moi sommes assez rĂ©ticents face aux ateliers d'Ă©criture. Les ateliers sont malheureusement trop souvent une maniĂšre de formater votre Ă©criture, votre style. Si vous voulez dĂ©velopper votre propre style d'Ă©criture, faites comme le laboureur laboure Ă©crivez, Ă©crivez, Ă©crivez. C'est quand mĂȘme sidĂ©rant que l'Ă©criture soit le seul mĂ©tier oĂč l'on pense que ce soit innĂ©, alors que les peintres font de la copie, des dizaines de dessins quotidiennement, que les photographes prennent des centaines d'images pour avoir la bonne, l'unique, celle qui fera le tour du monde. Avec la mĂ©thode Godefroy, vous allez Ă©crire, Ă©crire et Ă©crire encore. Vous allez raconter des histoires, les ausculter, les recommencer, faire une nouvelle, et tous les jours vous mettre devant votre page blanche pour travailler, parce que si vous voulez devenir Ă©crivain Ă succĂšs, ou mĂȘme Ă©crivain tout court, il n'y a pas le choix il faut Ă©crire ! Est-ce que vous allez avoir du succĂšs ? Sur la porte qui mĂšne au succĂšs, il y a Ă©crit "Poussez !", mais des dizaines de personnes passent devant cette porte chaque jour et n'essaient mĂȘme pas de pousser. Si vous n'essayez pas d'avoir du succĂšs, vous n'en aurez jamais. Et si vous vous plantez ? âĂchouer, câest avoir la possibilitĂ© de recommencer de maniĂšre plus intelligente.â â Henri Ford On ne se plante pas quand on apprend. âQui veut faire quelque chose trouve un moyen, qui ne veut rien faire trouve une excuseâ, comme dit un proverbe arabe. Oui, la peur est un sacrĂ© frein qui est prĂ©sent en chacun de nous, mais seuls sont qui ont essayĂ© de faire quelque chose ont le droit de se plaindre. Les regrets des autres sont des excuses. "Bref, une mĂ©thode dâĂ©criture de romans exceptionnelle de qualitĂ© et dâintensitĂ©." - Danny K., Promotion PhĆnix et Ulysse Les mauvaises excuses La plupart des Ă©crivains amateurs pensent qu'on ne peut pas apprendre Ă Ă©crire. Peut-ĂȘtre est-ce votre cas ? Nous vivons sur une tradition bien française qui estime qu'un auteur naĂźt dans la majoritĂ© des pays occidentaux, il existe des Ă©coles et des formations pour apprendre Ă Ă©crire de bons romans et de bonnes histoires ââ sauf en France en tout cas jusqu'en dĂ©cembre 2014, date oĂč j'ai lancĂ© la MĂ©thode ! Une Ă©tude menĂ©e aux Ătats-Unis a montrĂ© que 91 % des auteurs publiĂ©s s'Ă©taient formĂ©s Ă Ă©crire des histoires qui fonctionnent. Donc, plus un auteur est formĂ©, plus il a de chances de signer et plus il a de chance d'avoir du succĂšs. Une autre peur rĂ©currente, c'est celle de croire qu'en se formant Ă l'Ă©criture on va changer son style, ou qu'on va se trahir, ou qu'on va Ă©crire un truc Ă la mode, ou devenir un simple producteur de contenu littĂ©raire. Il n'y a rien de plus faux. Voici pourquoi Votre talent est VOTRE talent. Il n'appartient qu'Ă vous et aucune formation ne pourra vous apprendre Ă en avoir ou Ă le dĂ©velopper. Vous en avez ou vous n'en avez pas. VOTRE style n'appartient qu'Ă vous, il est vĂŽtre, il est le fruit de vos expĂ©riences, de votre esprit, de votre Ăąme, de votre sensibilitĂ©. Par contre, Ă©crire une BONNE histoire s'apprend. Ce n'est pas alĂ©atoire. Ce n'est pas un truc qu'on fait comme ça, Ă la va-vite- que-je-te-pousse. Si pour le style il n'y a que vous qui puissiez le dĂ©velopper par le travail et par une Ă©criture quotidienne, en revanche pour le genre et surtout la bonne histoire, là ça s'apprend. C'est l'alliance de votre travail personnel le style et le talent et d'une bonne formation genre et histoire qui produit de bons rĂ©sultats et qui augmentent considĂ©rablement vos chances de signer un contrat avec un Ă©diteur.
Je n'ai jamais su te le dire, J'ai mĂȘme pensĂ© Ă te l'Ă©crire, Mais je reste silencieux, Ă n'avertir que tes yeux. Je n'ai jamais su te le dire, OĂč commencer, oĂč en finir? Je m'arrĂȘte au beau milieu, La suite des paroles ci-dessous Point final aprĂšs le "Je". Je n'ai jamais su te le dire, Tu sais je descends d'un navire, OĂč l'on apprend, c'est curieux, Ă ne faire que des adieux. Je n'ai jamais su te le dire, Quand c'est toi qui vient me l'offrir, Je rĂ©ponds, faute de mieux, "Moi aussi tu sais bien que âŠ". Je te donne ce que j'ai de pire, Ma parole qui ne veut rien dire, Fais lui dire ce que tu veux, Fais la passer aux aveux. La suite des paroles ci-dessous Elle qui n'a jamais su le dire, Elle se permet de me mentir, Ma parole m'a jurĂ© que, Certains mots sont dangereux, Elle qui n'a jamais su le dire, Elle qui ne sait que me trahir, Ma parole fait ce qu'elle peut, Pour se taire entre nous deux. Pour qu'un jour je puisse te le dire, Je pourrais soudain me guĂ©rir, Un moment simple et heureux, Une main dans tes cheveux. Pour qu'enfin je puisse te le dire, En trois mots sans me l'interdire, DĂ©poser lĂ dans le creux, De ton oreille mon aveu. Les internautes qui ont aimĂ© "Mon aveu" aiment aussi
apprend a ecrire ou apprend a te taire